Dimanche
5 février
...je
suis rassuré, le propriétaire de la maison d'hôtes a retrouvé
son cycle.
Je reprends le même pour visiter les îles charmantes et
dépaysantes de DON DET et DON KHÔNE, qui est la plus grande des
deux. Elles ont joué un rôle important pour la navigation sur le
MÉKONG au temps du protectorat français. En effet, pour contourner
les écueils et autres rapides infranchissables, on avait construit
une ligne de chemin de fer de 14 kilomètres de long entre ces deux
îles, et aménagé un poste douanier et un bureau télégraphique
sur l'île
de KHÔNE. Il ne reste pas grand chose de ce glorieux
passé, sinon quelques villas coloniales en assez mauvais état et un
curieux pont de chemin de fer permettant de passer d'une île à
l'autre. Je longue la rive par le petit sentier idyllique. De part et
d'autres des maisons sur pilotis, dont un bon nombre de maisons
d'hôtes, ce qui n'enlève rien au charme de l'endroit. J'arrive au
fameux pont du train construit. En principe, il n'y pas de trafic de
voitures de tourisme. Seules des camionnettes ouvertes aménagées
avec des banquettes pour le transport de touristes est autorisé
entre les deux îles. De jadis, ce qui est resté, c'est une sorte de
droit de passage pour passer de l'autre côté ! Une sentinelle
dans un cabanon distribue les tickets. Juste après le pont, un
emplacement où l'histoire de ce petit chemin de fer est racontée.
La ligne mesurait 14 kilomètres et a été exploitée entre la fin
des années 1920 jusqu'en 1945. Sous un soleil de plomb, j'arrive
tout au nord de l'île. A cet endroit, le MÉKONG est élargie en
forme de baie sauvage. De
l'autre côté le CAMBODGE. On ne sait pas
vraiment quelle direction prend le fleuve. Le fond de cette baie
abrite les rares dauphins d'eau douce d'Irrawady.
J'attendrai 1600
avant de prendre un LONG TRAIL BOAT pour espérer les voir sortir de
l'eau quand ils reprennent leur respiration, ce qui m'a été
suggéré. Un moment donné, le batelier arrête son moteur. Il
continue de faire une chaleur, tous mes habits me collent à la peau.
Soudain, il me signe de la main que les dauphins sont là à 300
mètres. Je ne vois pas grand chose par contre on entend bien lorsque
les dauphins expirent bruyamment par l'orifice qu'ils ont sur la
tête. Après quelques minutes, ils remontent à la surface à un
autre endroit. J'ai l'impression qu'ils tournent dans la baie. Le
moment est magique, nous sommes seuls avec eux dans leur habitat.
J'aurais espérer les voir de plus prêts pour bien voir leur
nageoire dorsale. Je reprends ma
bicyclette et prends un sentier qui
traverse un village isolé. Puis, je longe une
rivière en méandre.
Je m'arrête et remarque un pêcheur accompagné d'un adolescent dans
la rivière. Il tient un filet à la main qu'il lance en éventail.
A chaque fois, il attrape un poisson. Je vais de découverte en
découverte. Je décide de suivre un panneau qui me conduit à un
cours d'eau avec de petites chutes. Il y a un pont suspendu et peu
stable. Je sens une forte odeur de poisson. C'est en regardant plus
longuement le cours d'eau que je vois des milliers de petites
sardines dispersées pour le séchage sur de grandes pierres au
bord
de l'eau. Ce que je pensais être des détritus dans le lit de la
rivière, sont en fait des pièges à poisson. Dans le cours d'eau,
entre les pierres, les pêcheurs ont construit de manière ingénieuse
des petites rampes où s'écoule l'eau. Le poisson pris par la force
du courant passent par ces rampes qui finissent dans des petits
filets (il existe encore de plus grands pièges, voir photographie du piège dans la rivière asséchée) ! Je suis convaincu de la qualité des sardines quand je
vois un pêcheur en ramasser une sur une pierre pour la manger. En
quittant l'endroit, où il y a un cabanon pour se rafraîchir, deux
gosses me suivent en courant. Le plus malicieux d'entre eux s'installe sur le
porte-bagages sans se gêner. Je souris et le deuxième continue à
trotter derrière nous jusqu'à l'entrée d'un village au bord du
MÉKONG. On se quitte en se faisant des grands adieux... C'est
l'heure du coucher de soleil qui dore le village de ses derniers
rayons. Le reste du sentier suit la rive du MÉKONG où vivent de
nombreux habitants puis suivent les maisons d'hôtes qui dans
l'ensemble
s’intègrent bien dans la cadre. Le problème s'est la
surabondance comme dans beaucoup d'endroits touristiques.
Aujourd'hui, je dois avoir fait plus de 30 kilomètres avec un vélo
taille basse... A côté de mon bungalow, les buffles se
rafraîchissent. Mais, je ne suis pas encore au bout de mes
surprises. Je mange avec mes voisins, un sympathique couple des îles
britanniques. Au retour, MARK et ANKE découvre que la terrasse a été
pris d'assaut par des colonnes de termites. Ils s'en sont pris à une
vieille table en bois. C'est impressionnant ! Le propriétaire
arrive avec des petites de brindilles sèches assemblées.
Patiemment, « TERMITENATOR » extermine au feu les
termites. Après 15 minutes, le problème est résolu. Heureusement
que le bungalow en teck autorise une éradication au feu. Impossible
avec nos chalet construit en sapin...