Mardi
7 février
...j'ai
pris mon ticket de voyage pour me rendre à SIAM REAP au CAMBODGE,
auprès du propriétaire, fort sympathique, du guesthouse MR BOUN HOM
BUNGALOWS. Je sais que le trajet, en journée, durera 12 heures
environ. Je m'assure donc d'un peu plus de confort pour un prix en
conséquence. Il me garantit de mon bon choix. A 0830, le
propriétaire m'amène avec son LONG TRAIL BOAT sur la terre ferme.
Un bus doit nous amener du LAOS jusqu'à la frontière. C'est la
porte d'à côté. Premier incident, la boîte à vitesse reste
bloquée à la deuxième vitesse. A cette allure, nous arrivons à
destination mais avec beaucoup de retard. A la frontière laotienne
tout le monde descend. Il faut payer trois US Dollar et sans
quittance pour quitter le pays ; ça commence bien ! Un
jeune s'énerve et ne veut pas payer. Finalement, il payera comme
tout le monde ce pas de porte. Mais les surprises sont devant moi.
Sur 15 mètres, je passe trois contrôles douaniers ; poste de
santé de quarantaine..., pour l'obtention du visa (souriez vous êtes
photographié... et c'est pareil dans tous les pays du sud-est
asiatique) et pour la vérification du visa. On se croirait en
période de guerre, les amis-es ! Et à chaque fois, je paye
trois US Dollar (ils aiment les devises fortes, tout particulièrement
les Dollars au LAOS et au CAMBODGE). Au troisième contrôle, j'élève
poliment mais sévèrement la voix en me tournant ensuite vers le
responsable du poste. Il me regarde et fait un signe à son
collaborateur qui accepte mes 3 US Dollar au lieu des 5 qu'il
exigeait. Ils se remplissent les poches sur le dos des touristes,
bref ce n'est pas très sérieux mais cela montre qu'il faut éviter
d'avoir un quelconque problème dans ces pays ! Vous n'avez
strictement rien à dire. Il est vrai que j'aurais pu commander mon
visa par Internet à 20 US Dollar, mais j'étais curieux de voir
comment cela se passerait. Au bout du compte, je ne suis pas certain
si dans le cas d'un visa commandé préalablement, je n'aurais tout
de même pas dû payer quelques Dollars pour sa vérification ?
Il y a trois bus cambodgiens qui attendent les touristes. Je dois
monter dans celui qui est en plus mauvais état. Je me dis que mon
ticket est pourri. Entre-temps, je fais l'expérience qu'avec un
billet payé plus cher ou moins cher, ça reste une loterie !
C'est pareil en Thaïlande. Seuls les transports publics offrent un
choix distinct et vérifiable. Cependant, ce sont les transporteurs
privés qui détiennent ce marché lucratif. Avec un avantage, c'est
qu'on vient vous chercher directement à votre lieu d'hébergement.
Avis à ceux-celles qui voyageraient dans ces pays dans le futur. En
montant dans le bus, je remarque qu'il n'y pas de climatisation ou
elle ne fonctionne pas. Il fait déjà une chaleur torride, on va
souffrir ! C'est un jeune chauffeur exubérant qui s'installe au
volant. Il discute tout le temps avec ces acolytes, qui eux sont
plutôt silencieux. La chaussée est en mauvais état et le « petit
jeune » (c'est ainsi que je l'appelle) n'en tient pas toujours
compte. Alors que nous roulons depuis 2 heures, le car s'arrête, il
est en surchauffe. Je le vois à son tableau de bord, car assis juste
derrière le « petit jeune ». En montant dans le bus,
j'avais pris la sagesse de choisir cette place. Elle était encore
libre et offrait un peu plus de vue et de place pour mes jambes. Une
bonne partie des touristes sortent du véhicule tellement il fait
chaud. Mais, ils ne tardent pas reprendre leur siège, dehors il fait
encore plus chaud. Nous sommes en pleine nature et il n'y pas
d'ombre. C'est la courroie qui a lâché. Un des mécaniciens sort un
jeu de courroies usées et semble ne pas trouver la bonne. Ils sont
trois à s'affairer dans le moteur. En fait, sur les longs trajets,
le chauffeur n'est jamais seul. Il a ses aides. Alors que nous nous
approchons d'un petit pont, lui aussi, en mauvais état, le chauffeur
ne ralentit pas. Je ne m'étonne plus. Cependant, un amortisseur
pneumatique n'a pas supporté la charge ! Heureusement, il doit
s'arrêter à la hauteur d'une petite maison qui vend des boissons
fraîches. Elle est pris d'assaut par les voyageurs. Nous repartons
sachant que nous ne sommes pas au bout de nos peines. A un moment
donné, une jeune femme demande à s'arrêter pour je ne sais quelle
raison. Le chauffeur dit qu'il va s'arrêter bientôt ; ils
disent toujours cela. Mais, par la force des choses, il sera
contraint à l'arrêt. Devant nous, sur la route un gros caillou. Je
me dis que le chauffeur va l'éviter. Il n'en est rien et passe par
dessus. On entend un bruit de bas de caisse et le bus doit s'arrêter.
La jeune femme est en pleurs, elle n'en peut plus de ce voyage et
d'autres me semblent apathiques. Je me dis philosophiquement que tout
à une fin... mais je suis aussi fatigué. Heureusement, j'ai
compensé la chaleur en buvant beaucoup. Pour le voyage, je prends
toujours assez d'eau en réserve (surtout pas des boissons sucrées).
Les trois compères sont à nouveau couchés sous le bus. Ça parle,
ça tape du marteau, de multiples outils sont utilisés qui retombent
sur le sol. On se croirait dans un atelier à ciel ouvert.
Heureusement que les trois sont des doués de mécanique, ce qui nous
permet de repartir. Nous arrivons à 0130, du matin, à SIAM REAP.
Nous aurons voyagé 17 heures dans des conditions à la limite du
supportable. Non seulement par la température qui dépassait les
30°C, mais par l'état du véhicule et des routes, sans oublier ce
« petit jeune », un bien piètre chauffeur. Sur les trois
pannes, il aurait pu en éviter deux et il aurait pu rendre plus
agréable le voyage avec quelques arrêts indispensables au confort
minimal des passagers. Nous sommes sains et saufs, c'est
l'essentiel !...
Les
photographies suivront...