mercredi 8 février 2012

+29 jours : La chaise de jardin / Invité de la grenouille...

Samedi 4 février

...je n'ai pas vraiment dormi dans le bus, en raison des secousses dues à l'état de la route, qui m'ont réveillé quelques fois où est-ce parce que je m'inquiétais pour mon bagage en soute. Il arrive que ceux-ci disparaissent, sur le parcours, lors de nombreux arrêts. Il me reste à m'en remettre à LUI. Malgré une nuit agitée, je me sens tout de même reposé. Nous arrivons à PAKSÉ à l'heure ayant profité d'un lever de soleil depuis la couchette. Le temps de monter dans un tout petit bus, nous sommes repartis en direction des « 4000 ÎLES ». A un moment donné, le chauffeur reçoit un appel sur son mobile et il s'arrête sur le bas côté de la route. On croit comprendre qu'il manque un client. C'est l'attente. Après 20 minutes, une femme est déchargée avec son bagage et prend place dans notre bus. Cependant, il manque un siège. Le chauffeur recompte les passagers et réfléchit. Il ressort du véhicule pour aller chercher au petit magasin, une chaise de jardin plastifiée qu'il veut placer dans l'allée centrale du bus. C'est les gros rires ! Un jeune refuse la chaise et dit qu'il restera debout durant le voyage... J'ai choisi l' ÎLE DE DET comme point de départ pour y rester deux à trois jours. A 1100, terminus à BAN NAKASSANG, sur le rive du MÉKONG. Le ferry, une pirogue de grandeur moyenne, nous amènera sur une des îles. Là aussi, nous ne recevons aucune instruction de notre chauffeur de bus, si ce n'est un geste en direction des nombreuses pirogues amarrées. C'est au guichet qu'on nous délivre un autre ticket pour la traversée. Finalement, tout est bien organisé, mais il faut faire preuve d'un peu de débrouillardise. Vivement d'arriver au guesthouse MR BOUN HOM BUNGALOWS, que j'avais réservé depuis VIENTIANE par mon no de téléphone mobile laotien. Je suis parti d'une ville animée, sous la pluie, et je me retrouve en pleine nature, sous un beau ciel bleu et une chaleur tropicale. Je ne vais pas me plaindre, car je n'ai pas toujours eu très chaud lors de mon périple au nord de la Thaïlande. Avec mon lourd bagage, je prends le sentier qui longe l'île. Il me faudra plus 30 minutes pour arriver au bungalow. J'ai hésité à m'arrêter avant et de choisir une autre guesthouse. Mais vu la description des lieux du bungalow prévu, je décide d'aller jusqu'au bout, quitte à faire le tour de l'île ! Ma persévérance me récompensera. Plus, je m'éloignais du port de l'île et plus l'endroit devenait ravissant. Installé dans le bungalow - sise au pied d'un méandre du MÉKONG - sur la petite terrasse équipée d'un hamac, je vois des buffles se baigner et s'immerger jusqu'à ne laisser apparaître que les yeux et leur museau. Ils cherchent un peu de fraîcheur, tout comme moi. Après m'être installé et avoir pris une bonne douche, je m'étends sur mon lit pour une grosse sieste, sous l'air du ventilateur... C'est la fin de la journée et loue un cycle au guesthouse où je suis établi. Je prends la direction du port de l'île où je me désaltère sur une terrasse face à l'ouest en attendant le coucher de soleil. Le moment est paisible et la vie se met au ralentie avant la tombée de la nuit. En contre-bas, des hommes se prennent le temps de faire leur lessive et pêchent en même temps... Ce soir, je ne ferai pas long car je ressens la fatigue du voyage... Le bike que j'ai loué a disparu. Il n'est plus devant le restaurant. Je regagne mon bungalow à pied sous le bruit de coassements de grenouilles. Aux toilettes, je ressens une chose bizarre me grimper le long du mollet... C'est une grenouille de couleur jaune pâle. Je sursaute et suis plus surpris par cette bestiole ! Elle ne semble pas du tout effrayée et s'installe dans un coin, comme pour dire : "J'étais là avant toi !!!...

+28 jours : L'Arc de Triomphe sous la pluie...

Vendredi 3 février 
...après le long voyage de la veille et l'estomac un peu détraqué, la nuit a été bénéfique et m'a permis de récupérer. Je ne suis pas pressé de me lever, il pleut sur la capitale VIENTIANE (qui signifierait « ville du santal » ou « ville de la lune », car le MÉKONG réalise ici un méandre qui rappelle un peu la forme d'un croissant de lune). Je ne compte pas rester plus d'un seul jour ici et ma première tâche est de savoir par quel moyen je pourrai me rendre à PAKSÉ, plus au sud. Dans un premier temps, j'envisage de prendre l'avion pour gagner du temps. Apparemment, il n'y aurait plus de place. De l'autre, je réalise qu'il serait possible de me rendre directement dans la région des « 4000 mille Îles » à la frontière du LAOS et du CAMBODGE, ceci avec un « SLEEPING BUS ». L'avantage serait de partir déjà ce soir, à 1900 et d'arriver le lendemain vers 1100, tout en gagnant un jour sur mon programme déjà chamboulé ! Je n'hésite pas. De plus, on viendra me chercher au guesthouse. Le prix reste dérisoire pour traverser plus de la moitié du LAOS. Il pleut averse par intermittence, mais je décide tout de même de louer un cycle qui me permettra d'avoir un aperçu de la ville. Je vais dîner et au moment de partir, la pluie a redoublé. Je m'installe et c'est vers 1400 que j'enfourche mon byke. Je commence à me rendre sur l'esplanade du MÉKONG où il y a une énorme statue de bronze d'un illustre Laotien (le quai se nomme FA NGUM, éventuellement s'agit-il de son nom ? Sous Wikipédia, j'ai la réponse : Somdetch Brhat-Anya Fa Ladhuraniya Sri Sadhana Kanayudha Maharaja Brhat Rajadharana Sri Chudhana Negara, plus connu sous le nom de Fa Ngum (Muang Sua, 1316 - Muong-Nan, 1374), est considéré comme le fondateur du royaume lao du Lan Xang (million d'éléphants) en 1354), ceci pas très loin du centre où je me suis établi. Les touristes laotiens (?) semblent vouloir tous être pris en portrait avec le personnage. J'arrive au modeste Palais présidentiel bien gardé. De l'autre côté de la route, un important temple,le WAT SISAKET (le cheveu sur la tête). Il venait d'être construit par le roi ANOUVONG en 1818, lorsque les SIAMOIS (Thaïlandais) déferlèrent sur VIENTIANE. Ils l'épargnèrent car il était construit dans le style siamois ! La principale caractéristique de ce temple est de posséder plusieurs milliers de statuettes du bouddha qui sont disposées, généralement deux par deux, dans des niches creusées dans l'enceinte du cloître. Je croise un jeune bonze qui parle l'anglais bien moins que moi, c'est peu dire... J'arrive à comprendre qu'il vient de SARAVANE, un peu au nord de PAKSÉ, et qu'il est là pour deux ans comme beaucoup d'autres jeunes. Je continue ma visite et reste coincé à cet endroit un bon moment. C'est la pluie qui m'en empêche. Du Palais présidentiel -et qui longe le temple - part une large avenue du style des Champs Elysées que je remonte. Elle rejoint PATUXAI, un curieux arc de triomphe, construit à l'image de la place de l'Étoile à Paris, mais dont la décoration est inspirée de la mythologie laotienne ! Ce monument commémoratif en l'honneur des morts des différentes guerres est entouré de palmiers et d'une magnifique fontaine circulaire. Il serait possible de monter sur la terrasse comme sur l'Arc de Triomphe parisien, mais la porte est close en fin de journée. De cet endroit, je vois également un imposant bâtiment ministériel (en toute probabilité). Il est temps de restituer ma bicyclette et passe par hasard dans une ruelle où se trouve l'Ambassade étasunienne. Comme partout dans le monde, l'enceinte est renforcée et des vigiles armés en assurent la protection. Je m'offre un thé dans un café français ! Qu'il est agréable d'entendre parler sa langue. J'ai encore un peu de temps, et il me reste à souper avant de quitter VIENTIANE. A 1915, je suis pris en charge avec d'autres touristes et sont sommes amenés à la centrale des bus. C'est une vrai fourmilière, une cohue : des bus, des véhicules, des touktouk sans oublier tous ces touristes avec leurs bagages, qui s'entassent. Je dois passer auprès de deux bus avant de trouver celui qui m'est réservé. Ma première surprise est de constater que le bus est équipé de vrai litières doubles sur deux étages (comme dans un train), avec des draps et couvertures. Le lit est un peu court pour moi. Vers 2000, le bus démarre dans la nuit et l'extinction des feux se fait en même temps. Je discute un moment avec ma voisine, une Française de Nouvelle-Calédonie, avant de tenter de dormir...

+27 jours : La vie des Laotiens-nnes...

Jeudi 2 février
...le bus quotidien LUANG PRABANG – VIENTINE, la capitale, parcourt entre 300-400 km et le trajet dure un peu plus de 11 heures. Avant d'arriver à la station du bus périphérique que je rejoins avec un touktouk – il est 0600 – je vois des tous jeunes bonzes au bord de la route qui quémandent leur déjeuner avec leur petit panier. A relever que c'est une attraction locale et commerciale qui n'est apparemment pas du tout appréciée d'eux, car des agences organisent des sorties touristiques à l'heure du lever du soleil. Les touristes achètent du riz qu'ils remettront aux moines bouddhistes tout en se faisant photographier. Je vous laisse juger vous-même du ridicule et du peu de respect de la vie de ses moines bouddhistes. A 0700, départ de la station du bus, sise en périphérie et il est prévu d'arriver après 1800.
C'est long mais cela permet de découvrir non seulement le pays et les personnes qui vivent généralement le long des axes routiers. Les deux tiers du parcours sinueux s'effectuent à travers un massif montagneux, entre montées et descentes, à une altitude entre 1000 et 1500 mètres. Dès le départ, les fameux sachets cellophanes sont distribués aux passagers. Le jour se lève et il y a de la brume. Nous traversons les villages avec les klaxons du chauffeur qui prévient autant les habitants qui s'affairent et les nombreux motocycles. Il y a beaucoup d'écoliers. Les maisons sont traditionnellement faites sur pilotis et de lamelles de bambou croisées. Dans un autre petit village, je vois un vannier ou des enfants qui jouent avec une balle de lamelles de bambou. Les montagnes recouvertes de la jungle sont particulières ; les sommets qui se dressent à pic sont arrondis. La route est souvent en mauvais état et les premiers passagers utilisent leur cornets de cellophane. Heureusement que je n'ai pratiquement rien mangé et rien bu ce matin. D'ailleurs, je n'ai plus d'appétit ! Je ne sais si c'est la route ou ma voisine qui n'arrête pas de vomir qui en est la cause. A titre préventif, durant toute la journée, je ne mangerai rien sauf à un arrêt, en-haut d'un haut d'un col, où j'achète un cornet d'ananas frais. Je remarque que les nombreuses forêts de tek sont exploitées à grande échelle (comme chez nous les forêts de conifères) et ne sais pas si les arbres sont replantés. Je n'avais pas réaliser que les teks étaient ces arbres avec d'énormes feuilles dont j'ai déjà mentionnés dans un précédent message. Dans un village, je découvre une importante scierie avec des tas de bois de tek. Dans la région de VAN VIENG, le panneau local est écrit en lao et en chinois. Pourtant, cette ville est située presque au centre du LAOS, respectivement la frontière commune avec la CHINE est tout au nord. Mais, déjà à LUANG PRABANG, j'avais constaté que le règlement dans les guesthouse était entre autres en chinois. Il y a beaucoup de touristes chinois au LAOS. Entre montagnes et la plaine, nous traversons une région où les routes sont exécrables. Dans les villages, les routes ne sont souvent pas bitumées et roulons sur une terre presque de couleur « vieux rose ». Il y a tellement de poussière partout que la route, les maisons et les arbres sont de même couleur. Le chauffeur est prudent mais quand je me dis qu'il va rouler presque 12 heures d'affiler, ce qui serait impensable en Europe. En effet, les prescriptions sont très strictes sur le temps de conduite et de repos obligatoire sur une journée. A un des nombreux arrêts des femmes montent dans le bus et vendent de quoi manger. Une d'entre elles propose quatre oeufs durs qu'elle a plantés à travers une tige de bois. Il est 1645, lorsque nous arrivons en plaine, mais la route n'est pas en meilleur état. Des rizières asséchées réapparaissent, mais ils y en a d'autres dans des grands champs, belles vertes, qui poussent. Il y a longtemps que je n'avais plus vu de drapeau communiste russe, qui est fièrement arboré sur le devant d'une maison. Le voyage a révélé un peu de la vie des Laotiens-nnes, et c'est ce que je souhaitais, mais il était éprouvant. A 1830, nous arrivons dans la capitale VIENTIANE. Pour arriver au centre, il faudra encore prendre un touktouk. Après avoir passé dans quelques maisons d'hôtes qui sont « FULL », je trouve une chambre dans le guesthouse SAYSOULY dont le bâtiment est peu accueillant, mais à cette heure il ne faut pas s'attendre à mieux. Je n'ai même pas de toilettes dans la chambre. Je mange avec KLAUS, un sympathique Allemand. Nous commandons chacun deux plats, n'ayant pas mangé de la journée. Lui aussi a préféré ne rien avaler durant le fameux trajet...
Malheureusement, je n'ai pas beaucoup de photographies de ce voyage exclusivement en bus...