vendredi 20 janvier 2012

+ 12 jours : Massage thaï : programme de réinsertion pour femmes détenues

Mercredi 18 janvier 2012
...laissez-moi vous présenter mon nouveau bureau de travail « itinérant ». Les conditions sont les suivantes et ne sont pas soumises à commentaires de votre part, à vous de voir : 

1. Agréable espace verdoyant et tranquille dans un Guesthouse avec un bol de fruits exotiques fraîchement coupés..., 
2.Connection wifi pour mon Netbook Samsung afin de mener mon journal de voyage à terme, de rester branché avec le monde ainsi que pour la « maîtrise de son environnement »... où suis-je surtout...
3. Quant à mon nouvel horaire de travail, vous comprendrez que cela reste secret, en « mission officielle de vacances » sous couverture...

Mais, je ne v
ous cacherai pas que cette liberté de se lever à l'heure... quelle heure ? Aujourd'hui, je me prends le temps de pas courir. Au programme, la visite de « SACRED HEART CATHEDRAL », à l'extérieur du centre de Chang Mae, non loin du Consulat français, et un massage thaï prodigué par des détenues de la prison de Chang Mai dans le cadre de leur programme de réinsertion sociale. Je me rends donc en face du pénitencier pour femmes en plein centre de Chiang Mae, où se situe le Centre de massage. Tout est réservé... mon programme tombe à l'eau. Je ne m'avoue pas vaincu et demande si la gardienne en uniforme peut me conseiller un autre salon. Elle me donne un dépliant d'un salon répondant au doux nom floral « LILA THAI MASSAGE », qui se trouve tout proche. La première page dévoile la raison d'être de ce salon :

« Lila Thai Massage – provides excellent massage and beauty servivces while giving dignity to women beginning new lives ».

Le résumé de la création de ce salon m'interpelle :

« The Lila Thai Massage was established by Naowarat Thanasrisuthahrat, former Director of Chiang Mai Women (2001-2008), to help support the lives of newly releaseded inmates in society. She has dedicated the greater part of her 40 year career understanding and bridging the gap between a non accepting public, and the problems release, these carefully screened inmates go through an extentive training programm wich allows them make a living and contribute to the society.
Unfortunately these detainees often encounter discrimination from employers whe refuse to hire these skilled therapists. Sadly, due to lack of employment opportunities some return to a cycle of crime, and find themselves back in prison. The Lila Thai Massage was established to help eliminate this pattern of crime and lack of opportunity.
The Chang Mai Women's Prison and the Institute of Skill Developpement have designed a 180 hour massage training course for these inmates, which are endorsed and meet the requirements of the Chiang Mae Public Heal Departement. Thus, we guarantee you will receive a fully trained professional massage therapist. It is our cherished hope thaat you will se these former inmates in a positive light, and your kind patronage will allow them to proudly start a new life and support themselves and their families ».


Je prends donc rendez-vous pour 2030, le temps de louer une moto afin de visiter ladite cathédrale. Le commerce de moto me dit que la location est à la journée, mais que si je désire un véhicule pour deux heures et demie de temps, elle me fait un prix : 1 journée, 150 Bath (Chf. 5.--) et pour moi 100 Bath ! Après avoir rempli les formalités, je me mets au guidon d'une Honda 125 ? (scooter) semi-automatique. C'est parti dans une circulation dense et arrive devant la cathédrale qui occupe une école dans son enceinte. Les élèves sont nombreux et je crois reconnaître des filles scouts avec des chemises vertes et différents insignes. Où est-ce tout simplement l'uniforme du pensionnat chrétien. La cathédrale est fermée et ne peut être apparemment visitée, sauf pour le culte thaï quotidien, à 1900, et un seul culte anglais le dimanche. Je me recueille dans la petite chapelle découverte un peu par hasard, intégrée dans la cathédrale. Tout est écrit en thaï. La cathédrale, qui était la première église et école chrétienne de Chiang Mae, a été construite en 1931 par le père Nicolas Bunkerd Kitbamrung, prêtre et martyr, ce qui est indiqué sur son épitaphe. A l'époque, il a été mis en prison suite à de fausses accusations d'espionnage. Il est mort en détention de tuberculose. Pour avoir consacré sa vie dans la foi et son œuvre, le père Nicolas a été béatifié par le Pape Jean-Paul II, à Rome en 2000. Au retour, je m'arrête sur le grand marché du soir qui se prépare. Il est plus intéressant que ceux visités à Bangkok car il y a de nombreux stands artisanaux. Je m'offre un petit frappé aux fruits avant de m'engager dans la circulation bouchonnée et suffocante de par les échappements de véhicules. Je constate que de nombreuses personnes, surtout les commerçants longeant les routes, portent des masques qui couvrent bouche et nez. Avant le massage, j'ai le temps de manger deux plats thaïs dans un stand choisi au hasard. C'est un plaisir gustatif qui se renouvelle à chaque fois. Je suis attendu au salon de massage où j'enfille un bas et un haut de tissu de coton fin. Le rituel commence par le lavage des pieds dans une bassine. Un thé vert m'est servi avant de m'installer et de me détendre sur une couche. Le massage thaï commence toujours par les pieds où aboutissent les nerfs, puis les jambes (plus de 30 minutes). Je sais que j'ai des petites blessures musculaires dans ces parties dues au contrainte sportive. Ensuite, le dos et la nuque, puis les mains. Un gars à côté de moi s'est mis à ronfler, je souris pour moi. Le massage est vraiment de qualité, elle repère tous les points sensibles nerveux et musculaires et les travaillent en conséquence, sans trop de pressions, jusque ce qu'il faut. Le massage au prix de 180 Bath (Chf. 6.-- !) est bien supérieur à celui prodigué à Bangkok. Je deviens difficile. Je me relève en baillant pour me réjouir d'une bonne nuit de sommeil...
Les photographies suivront...

+11 jours : Un hélisurface entre les terrasses des rizières ou quand un serpent s'identifie à Nadal...

Mardi 17 janvier 2012
...finalement, j'ai passé une bonne nuit malgré que le matelas est presque aussi dur que le sol. Je ressens un peu les os de mes hanches. Au matin, j'apprends que je ne suis pas le seul. Les premiers rayons de soleil s'emparent de la clairière. Nous nous réchauffons et le petit déjeuner passe bien. Une petite toilette à l'eau du ruisseau aide à se réveiller définitivement. Nous levons le camp pour le dernier jour. Nous montons un bout de sentier pour regagner une crête avant de passer sur le flanc d'une autre vallée. Nous traversons d'autres petits villages qui ont tous quelque chose de particulier ; - cette antenne TV au bout d'un mat de bambou ; - ou encore cette balle de football faite de bouts de bambou – genre panier - et creuse à l'intérieur ; - des hommes occupés dans tout le village à différentes réfections comme une palissade en bambou. Je crois que le village attend la visite d'une organisation caritative internationale qui soutient leur école. Nous nous retrouvons dans la forêt. Nous arrivons non loin de grandes rizières en terrasse et voyons deux héliports. Le guide nous explique que c'est quand Sa majesté le roi Bhumibol Adulyadej ou Rama IX vient en visite dans ce parc national. Une autre explication m'a été donnée par l'autre guide qui me paraît plus fiable. En effet, le premier jour, un hélicoptère a survolé la région et il a expliqué que régulièrement le médecin venait donner des consultations aux villageois des montagnes environnantes. Il est temps de faire une pause sur une butte. Ilaria, une jeune femme italienne, pousse un cri : « a snake ! ». Elle vient de déposer son sac vers un arbre et au-dessus d'elle un serpent qui disparaît soudainement dans l'arbre creux. Plus étonnant, un instant plus tard, le voilà qui pointe sa tête à travers un trou, à 2.5 m du sol. Il a l'air plus effrayé que nous et se cache définitivement dans le tronc. C'est un serpent avec une tête en forme de flèche, de 50-60 cm, très fin, de couleur noire et jaune (comme la raquette de tennis de Nadal...), ressemblant à s'y méprendre aux serpents de liane, de couleur verte. Le guide nous dit qu'il est inoffensif ; à vérifier. J'ai réussi à photographier sa tête. Le guide semble vouloir nous rassurer et tente avec des feuilles mortes qu'il brûle - placées dans l'excavation de l'arbre - d'enfumer le serpent afin qu'il se montre ou s'échappe, mais sans succès. Plus de peur que de mal, nous quittons l'endroit. Nous traversons un pont de bambou d'une dizaine de mètres de large où un certain équilibre est demandé. Le chien du fermier de notre dernier camp, est toujours dans nos jambes ! Il nous a accompagnés tout du long. Arrivés à destination, un véhicule pick-up sans siège vient nous chercher. Les cheveux au vent, nous nous rendons au bord d'une rivière non loin des « Mae Wang Waterfall » (chutes de ...) où des radeaux de bambou (4 x 1 m env.) nous attendent. Nous avons les pieds dans l'eau. Le trajet sur cette rivière sinueuse, sans risque apparent, est vraiment de toute beauté. A un endroit, il nous est demandé de quitter les radeaux, les Thaïs descendent seuls des petites cascades pour nous récupérer en contrebas. Je suis surpris en bien car, peu de temps après, d'autres radeaux passent avec leurs clients. Est-ce bien prudent ? Nous arrivons au terme de notre trek que je ne peux que recomandé. Surtout, si l'envie vous venait de vous rendre dans cette magnifique région naturelle du nord de la Thaïlande et authentique. Chacun est déposé à sa maison d'hôtes. J'arrive le premier et comme c'est un jour particulier pour moi (je n'ai rien dit de la journée ne voulant pas perturber le trek), j'invite tout le groupe à boire un verre en début de soirée. J'ai droit à un chant en pleine rue à moi tout seul ! Je suis un peu gêné, mais c'est vraiment sympathique... Nous passerons la soirée ensemble en nous rendant au « Bar & Restaurant The Riverside de Chiang Mae », proposé par notre guide, où l'on y mange très bien ainsi que pour y terminer la soirée avec un groupe de musique thaï branché. A onze, nous avons commandé différents plats que nous avons tous goûtés ! C'est la meilleure des façons de découvrir la cuisine thaïe...
Les photographies suivront...

+10 jours : Le vivarium du zoo de Zürich...

Lundi 16 janvier 2012
...notre village se trouve à 700 mètres environ. La nuit a été fraîche, plus que prévue. Je n'ai pas réussi à m'endormir, mes pieds étaient glacés. J'ai déniché une troisième couverture qui me réchauffe un peu. Durant cette nuit frigorifiante, j'entends les coqs du village qui se promènent et font leur cocoricos à tous les heures ! Mon nez est aussi glacé. Vivement, l'heure de se lever et les premiers rayons de soleil. Les organisateurs avaient tout prévu car avant de partir j'ai reçu une « check-list » des affaires à prendre avec moi et selon la saison. Les températures ne doivent pas être habituelles. Au matin, je m'aperçois que les chiens sont restés vers les cendres du feu. Je ne suis pas le seul qui n'a pas dormi, tout le groupe a été surpris. Café, thé (vert?), œufs brouillés et légumes (Pad Thaï), toast, beurre et confiture aux fraises, nous requinquent. Notre groupe se séparent en deux et poursuivons notre trek de 3 jours. Nous sommes onze, soit des personnes entre 25 et 35 ans ; 1 couple d'Italiens, 1 couple d'Espagnols et une parenté (nous avons partagé le premier jour ensemble), 2 Irlandais, 1 Britannique, 1 Hollandaise. On se croirait dans l'aventure de Koh-Lanta (île où je compte me rendre en fin de voyage). Notre guide «RAMBO», de parenté avec NOB, marche à un bon rythme. Nous continuons de monter et de nous enfoncer dans la montagne vallonnée et couverte de forêts. A ce sujet et à mon humble avis, il s'agit de forêts exploités et non de la jungle comme indiqué dans le détail du treck. De temps à autre, des terrasses de rizières de montagne apparaissent comme par enchantement au détour d'un sentier sinueux. Pour le dîner, nous nous arrêtons dans un beau petit village. Il y a de la vie, les villageois vaquent à leur occupations. Le dîner est prêt ; pattes fines mélangés à des légumes avec beaucoup de goût ; un régal. C'est reparti, la forêt me semble plus dense et sauvage. Et là, après avoir longé un joli ruisseau et traversé un pont de tiges de bambous, qui demande un peu d'équilibre, comme par enchantement une clairière à flanc de coteau avec des terrasses de rizières asséchées et quelques bœufs qui broutent, apparaît. La récolte de riz s'est déjà faite. Auparavant, nous avions vu dans des petits villages des grains de riz étendus sur le sol pour le séchage. Un grain très blanc. Au fond de cette clairière, une chute d'eau invisible cachée par la végétation. Seuls le sentier y menant et le vacarme de l'eau permet de le deviner. Une magnifique chute avec des cascades s'offre à nous. L'eau est fraîche et vivifiante en étant assis sur une pierre avec l'eau de la cascade qui arrose nos corps. Les Irlandais insensibles (its crazy boys....) à la température de l'eau, sont les premiers installés assis sous la cascade, avec deux bières Chang à la main ! On se lave sur place, le guide me tend son shampoing et son douche-gel. J'ai rajeuni de 20 ans ! Un peu plus loin, deux huttes semblables à celles du jour précédent nous accueilleront pour la nuit. Le repas est le bienvenu dans une ambiance festive. Nous devons nous situer entre 900-1000 m d'altitude et on s'inquiète un peu pour la nuit qui risque d'être glacial. Je vais ramasser du bois pour alimenter le feu quelques heures. La végétation est partout et ressemble un peu à la jungle avec des lianes. Elle est difficile d'accès car des arbres ou des branches morts jonchent le sol et jusqu'à un mètre de haut et plus. Je comprends pourquoi les guides ont des petites machettes. Je ne suis pas très rassuré, j'ai l'impression d'être dans un vivarium des tropiques du zoo de Zürich. J'espère qu'il n'y a pas de serpents et fait du bruit autour de moi. On ira se coucher le plus tard possible à cause du froid. L'indigène est une vrai locomotive, il n'arrête pas de fumer et les autres en profitent pour lui demander de faire des cigarettes à la feuille de bananes. J'en profite pour lui demander s'il y a des serpents dans la région. Il me dit qu'ils apparaissent lorsque les rizières sont remplies d'eau et que les grenouilles les occupent. Il me dit qu'il n'y a pas de cobras ici, qu'il faut se rendre dans la jungle, à une heure d'ici. Autour du feu, nous jouons à pile ou face ; une fois on fait face au feu et la suivante on tourne le dos au feu pour se réchauffer. Il fait vraiment froid, seul le feu nous soutient mais l'ambiance continue d'être joyeuse. Nous sommes tous enfumés. Le sommeil nous prend et c'est l'heure d'affronter la nuit ! Je n'ose presque pas le dire, je garde mes grosses chaussures de marche aux pieds et m'enfile dans une housse matelassée. Par-dessus une couverture et de la seconde, j'en fais deux couches pour préserver le chaud dans le haut du corps. J'ai donc trois couches de la taille à la tête. Vous avez compris ? Je suis aussi content d'avoir ma légère veste de randonnée « Mammut » avec capuchon (j'ai pensé que le flech serait de trop et que je n'ai pas pris avec moi) pour garder la chaleur de ma tête. Mon nez caché sous la couverture, je m'endors...
Les photographies suivront...

+9 jours : Le repas des poissons...

Dimanche 15 janvier 2012
...les Thaïs sont très arrangeants. Comme je pars en trek, le Guesthouse Tri Gong, où je suis descendu est d'accord de reporter ma deuxième nuit réservée, du moment que le trek durera trois jours, ainsi que de garder mon bagage. Au matin du 15 crt, comme prévu le truck (le véhicule de l'agence trek) vient « pick up the PERFECT TOURIST in my guest house ». Le véhicule est déjà rempli par sept autres « PERFECT TOURIST » ; Français (des Issambres dans le golfe de Saint Tropez où nous avons déjà passé des vacances), Espagnols (Ibiza et Barcelone). J'ai la chance de pouvoir m'asseoir dans la cabine du chauffeur où l'air pollué du trafic est filtré et climatisé. Arrêt au marché où notre guide, qui sera aussi notre cuisinier, fait les achats pour les repas. « NOP » qui parle bien anglais est un type décidé et jovial. D'emblée, il inspire confiance ; important car nous dépendrons de lui trois jours. Après avoir quitté l'agglomération, nous traversons la campagne. Peu avant les montagnes qui se dessinent devant nous, des rizières un peu partout. Quel beau paysage sous un soleil et un ciel bleu. Des bananiers s'ajoutent à l'exotisme de la région. Au passage d'un village, une enseigne de restaurant « SWISS TICINO », aux couleurs du canton, dépeint dans le décor ; BUONGIORNO AMICO TICINECE ! Premier arrêt « PERFECT TOURIST » au bord d'une route longeant une rivière. Des éléphants nous attendent comme les chevaux au bord des routes de Camargue. Nous montons sur leur dos avec un cornet de bananes à la main. Est-ce pour faire avancer notre « Babar » sous le slogan : « Avec des bananes ça va pas mieux mais plus longtemps » (slogan d'Ovomaltine). Première impression, ça bouge un peu plus que sur un chameau avec un mouvement avant-arrière. Il fait quelques pas et déjà il tend le bout de sa trompe humide. Il doit avoir senti et compris que les bananes sont pour lui. J'ai même le sentiment qu'il en fait une fixation ! Et pour nous rendre attentifs à son besoin pressant, il nous souffle contre comme un cor des Alpes mais sans le son... Le cornac le fait avancer un peu. Après un tour dans la verdure, il se poursuit dans la rivière. J'espère qu'il aura pas la bonne idée de nous asperger de sa trompe. Insensible au courant, il avance au même rythme. Pour une première expérience, j'ai passé un tout bon moment. C'est l'heure du repas. Un restaurant nous accueille et le personnel sert un bon plat de riz aux légumes. Idéal avant de se mettre en route. Dès les premiers pas, oui, on se croirait chez nous en randonnée traversant la campagne, sauf que les champs sont remplacés par des rizières et lorsque nous approchons de la forêt, des bambous d'une hauteur impressionnante et une sorte de hêtre ont fait place aux sapins. NOP n'est pas avare de commentaires et nous présente cette végétation luxuriante ; le « lemongrass », (l'herbe citronnée des plats thaïs). Ce sont de longues herbes effilés partant du sol également très utile contre les moustiques, respectivement à se frotter à même la peau. Je le fais sur ma casquette, bien plus pour l'odeur fraîche que ça dégage. Puis, chacun est muni d'une tige de bambou coupé le long du sentier. J'aurais eu l'air ridicule avec mes bâtons de rando ! Nous sommes au pied de la montagne et tout ce qui est cultivé est en terrasse. Nous longeons des bisses « vaTHAÏsans ». On se croirait dans les hauteurs de Haute-Nendaz connus pour ses nombreux bisses. Les cultures de riz ou de tofu sont donc irrigués de cette façon dans la région, profitant des nombreux cours d'eau. Nous poursuivons sur un sentier le long d'un ruisseau qui nous mène à une magnifique chute d'eau où nous nous baignons. C'est un peu le rêve, se doucher à une chute après une marche sous une chaleur qui reste supportable (pour moi...). Je reste dans l'eau face au soleil. Et là, le petit moment d'épouvante : je suis chatouillé aux pieds par je ne sais trop quoi ?! Je devine à travers l'eau trouble des petits poissons. En fait, ses bestioles mangent les peaux mortes des pieds. Heureusement, j'avais vu à Bangkok des bassins remplis de petits poissons où les gens trempent leurs pieds à l'intérieur. Ils payent un forfait pour 30 minutes ou 1 heure. Me voilà rassuré ! Nous repartons et mon regard se portent de plus en plus sur les quelques maisons sur pilotis occupés par des fermiers. Le toit est recouvert d'énormes feuilles grandeur A4/A3. Elles proviennent des arbres que j'avais passés le long de notre chemin. Autre chose d'intérêt, ce sont les panneaux de recensement des habitants à l'entrée d'un village. Pas de bureau communal, mais une façon toute simple de gérer le contrôle des habitants ! Nous arrivons dans un fort joli village en flanc de coteau. C'est à cet endroit que nous passerons la nuit, parmi les villageois accueillants, avec tout autour de nous des chiens, des cochons (gris-noir), des coqs et des poules en liberté. La hutte de bois (beaucoup de bambous) sur pilotis qui fera office de dortoir est accessible par un petit escalier central. A l'intérieur des matelas fins de paille à même le sol avec des moustiquaires au-dessus. Il faut ôter les chaussures avant d'entrée (comme dans certains commerces en ville ou même dans des Guesthouse ! Question d'hygiène, les Thaïs sont très regardants. Juste à côté, une minuscule hutte sert de toilettes et de douche. Pas de chasse d'eau, mais une énorme cuvette d'eau dans un coin, avec un gros bol à verser dans le trou des WC ; rudimentaire. Pour le détail, l'évacuation se fait via la rivière. A ma demande, NOP m'a invité dans sa cuisine, sise dans une hutte attenante. Son foyer est à l'intérieur ! Je découvre la préparation de la cuisine thaïe. Ce n'est pas la cuisson qui prend du temps, c'est surtout la préparation des légumes. Un vrai chef de cuisine ce NOP ! Il manie son wok et les différentes étapes de cuisson à la perfection. Mesdames, voire Messieurs : il utilise une seule casserole pour tout ! Le groupe a faim et les plats parfumés et épicés servis, disparaissent en une deux. Des femmes du village viennent vendre de petits bijoux confectionnés. Il est temps de s'assoir autour d'un feu. Les chiens se sont rapprochés pour se coucher entre nous et le feu. NOP nous joue par des petites interprétations humoristiques quelques morceaux de guitare en thaï et en anglais. Les moments autour d'un feu sont toujours extraordinaires sous un ciel étoilé. Un villageois partage cette soirée avec nous et fume du tabac enroulé d'une feuille de bananes. Il est temps ; extinction des lampes de poche...
Les photographies suivront...