mercredi 18 janvier 2012

+8 jours : Jérusalem à Chiang Mai...

Samedi 14 janvier 2012
...parti de Ayutthaya, hier soir, à 2015, soit avec 50 minutes de retard, il était 0820, lorsque le train est entré en gare de Chiang Mai (12 heures de train...). Il pleut, une pluie asiatique, fine et tempérée. Sur le moment, ce n'est pas désagréable. La nuit a été longue, très longue. Le wagon au complet était confortable, climatisé mais certains voyageurs étaient frigorifiées. Des couvertures-linges étaient distribuées et dans un autre wagon, il m'a été rapporté que des personnes avaient mis des gants et un bonnet ! J'ai gardé mon T-shirt et dans la nuit je me suis couvert. Même un repas et des boissons étaient servis. Au matin, café et petit pain avec une crème sucrée verte à l'intérieur sont distribués. Tout ça pour Bath 586 le ticket (moins de Chf. 20.-- pour presque 600 km), le ticket. Au crépuscule, je découvre de ma fenêtre une végétation de plaine et sur les collines aux alentours, verdoyante et luxuriante. Je vois des bananiers reconnaissables par leurs immenses feuilles rainurées longues et larges ainsi que d'autres sortes d'arbres que je ne connais pas, plusieurs rizières. Je découvre les premières "fermes thaïes"  à peine visibles dans cette végétation envahissante. Il s'agit plutôt de petite maisons de bambou ou construites avec d'autres essences bois. Une bonne part sont sur pilotis avec des toits ondulés. La saison des moussons en est principalement la raison ; il doit y avoir de l'eau partout ! Je me réjouissais de voir les rizières. L'occasion me sera certainement donné de voir peut-être les Thaïs devant leur dur labeur. C'en est un, semble-t-il... Plus nous nous approchons de la destination et plus le temps est pluvieux. La guest house Tri Gong ou je m'installe est bien entretenue et prodigue des bons conseils. Cette journée me permettra de choisir le trek à faire ces prochains jours. Dans les hôtels, les agences il y a de la publicité à saturation pour de telles excursions. Finalement, je m'informe bien que le guide est du TAT, un office qui référencie les guides. Finalement, mon choix se porte sur un trek de trois jours dans le Parc national de Doi Inthano, avec un sommet culminant à 2195 m, « the highest moutain in Thailand ». Ce parc se situe au sud-ouest de Chiang Mai, qui serait la deuxième ville après Bangkok, mais garde un caractère plutôt provincial. En fait, je compte au moins 7 parcs nationaux pour le nord de la Thaïlande. Dans un premier temps, j'aurais souhaité rejoindre un des parcs dont les montagnes permettent de jeter un regard sur la Birmanie tout proche, à peine 100 km. Pour une première expérience, je me dis qu'un de ces treks « on ne peut des plus touristiques » me permettra de prendre mes marques pour le suivant dans le nord et peut-être au Laos. Voici donc le programme du trek pour « parfait touriste », jugez en vous-même :

Itinerary for 3 days « Explore E-co Trekking in Doi Inthanon National Park » :
Day 1 : 09:30 pick up you from hotel lobby be truck and then we go to the South west of Chiangmai ain stop at Hilltribe's local market for some food then we drive more 40 mins to Chang Siam Elephant Camp for riding about 50 mins. Then we have lunch at Shan village. After the lunch we start hiking through the jungle around 2.5 hours. Arrive to private waterfall for swimming after the we walk more 1 hr. to White Karen village then we stay over night with their family.
Day 2 : after breakfast we say goodbye to Hilltribe's family then we walk mor 2-2.5 hrs. to the jungle camp then we stop for cooking for our lunch together and take relax. After that we will hiking more 2 hrs. to the waterfall camp and we'll stay overnight at private camp.
Day 3: after the breakfast we start hiking through the nature about 1-1.5 hrs. to another waterfall then we will walk to Shan village our truck come pick up our group to Thai's restaurant for lunch. After the lunch we'll have the grate time to to Bamboo rafting along Mae Wang river about 1 hr. After raft finish we drive back to Chianmai city around 16:00.
Au prix de : Bath 1800 ! (Chf. 60.--), rien à redire !!!

Le souper, je le prends dans un restaurant juif, le « Jerusalem Falafel », recommandé par mon livre-guide Lonely Planet : « L'essentiel de la Thaïlande », acheté à Colmar au dernier Marché de Noël. En fait, je prends un peu d'avance sur le prochain voyage en Israël, avec Raphael et Audrey. Oui, à l'intérieur, c'est un peu Jérusalem à Chiang Mai. Non seulement, la cuisine est caractéristique notamment avec le humus et le pain « pita » en entrée, que j'apprécie tout particulièrement - et qui est aussi bien présent dans la cuisine libanaise - mais l'Etoile de David suspendue et les photographies pour décoration ne font plus aucun doute sur l'origine du local. Fatigué du voyage, je me couche pas tard...
Les photographies suivront...

+7 jours : Une soupe au petit déjeuner...

Vendredi 13 janvier 2012
...la journée et la nuit du 13 promettent d'être longues. Je n'ai pas envie de me lever, je m'étends tout du long. Mon bagage fait, que je laisse à la réception afin de la récupérer en début de soirée, je pars à pied destination « Le Palais de Eléphants d'Ayutthaya ». Mais avant, il me faut prendre mon petit déjeuner. Pas de stands à fruits comme à Bangkok, mais des cuisinières qui s'affairent devant leur wok (casserole asiatique). Ca sent bon la soupe thaï épicée. Je me raisonne et me dit pourquoi ne pas prendre les habitudes thaïes ? J'avais remarqué du coin de l'oeil qu'ils mangeaient au matin leur bol de riz avec de la soupe (bouillon) contenant légumes et viande. Avec maladresse, j'essaye de me faire comprendre que je veux bien du poulet dans ma soupe mais pas de porc (pork). Aucune peine à avaler mon bol appétissant. Je repars léger mais le ventre rempli, avec une bouteille d'eau à la main car il fait déjà très chaud. Dans l'autre main, j'ai un petit cornet transparent avec des morceaux coupés en long d'une sorte de mangue verte quelque peu parfumée et acide. Les Thaïs la mangent avec du sucre épicé ou d'autres épices. J'ai goûté mais préfère la manger sans rien. Je quitte l'île d'Ayuthaya (entièrement séparée par un petit canal de la terre ferme). Le long d'une route sinueuse fréquentée, je croise partout des chiens sans pouvoir faire la différence avec ceux qui sont errants. Je m'en méfie. Je suis gratifié de nombreux sourires, surtout des femmes. Je crois que c'est par simple curiosité et je dépasse largement la moyenne de la taille des hommes thaïs. Le parcours prévu me semble long, je crois que ma carte de la ville ne respecte pas l'échelle ! Et il continue à faire chaud et moite. C'est l'odeur de bêtes, pas bien différentes des chevaux, qui m'annonce le parc. Je vois les premiers éléphants asiatiques certains avec de belles défenses d'ivoire derrière un enclos de rondins de bois. L'espace est si grand qu'un homme peut s'introduire aisément ! Une affiche avertie du danger ! Étonnamment, je ne vois pas de touristes, je suis gâté. J'ai la réelle impression de rentrer dans un ranch, sauf que se sont des éléphants qui sont attachés ou libres dans un enclos. Ils mangent ou sont nettoyés ou déplacés par des palefreniers (quiz : quel est le nom de ceux qui s'occupent des éléphants ? J'attends votre réponse sous commentaire...). Je ne sais pas très bien comment me comporter ; puis-je m'approcher ? Une jeune femme Australienne se donne la peine de me donner des explications. Le parc qui a pour vocation la survie des éléphants en Thaïlande, abrite 120 éléphants dont certains sont utilisés comme taxis sur l'île d'Ayuthaya ou pour la visite des sites « wat ». C'est grâce au tourisme que ce projet relativement récent subvient. C'est moi qui dois être apprivoisé devant un éléphanteau de 3 mois (il a son anniversaire aujourd'hui même) qui est hors de l'enclos ainsi que sa mère, elle, attachée. Derrière elle, il y a une quinzaine d'éléphants. Ce sont toutes des mères avec leur éléphanteau (plus âgé de 3 mois qui n'est plus allaité). L'éléphanteau libre fait le pitre et joue de sa trompe un peu partout, cherchant des restes de nourriture. Sa mère n'est pas tranquille et peu rassurante, mais est à distance respectable. Je m'accroupis pour prendre de lui une photo. Ma guide me dit de me relever de peur qu'il me donne un « coup de boule »... Il y a des Zidane (grand footballeur français) à tous âges et ce n'est apparemment pas le propre de l'homme ! Malicieusement, à chaque fois qu'il veut s'éloigner de l'enclos, il est repoussé vers sa mère mais n'en a cure. A proximité de l'enclos, je vois une table avec des paniers de gros concombres ou zucchetti (du genre). Ce serait là une délicate friandise pour eux, l'égal pour nous du chocolat, m'explique ma guide. Quelle n'est pas mon étonnement quand elle me dit que je peux les ofrir moi-même. Je m'approche de l'enclos. Des trompes se tendent dans tous les sens et l'éléphanteau que j'avais presque oublié s'interpose. Il a déjà sa trompe dans le panier. Je lui tend un « big » concombre. Il le saisi en l'entourant de sa trompe et en l'aspirant (comme un tuyau d'aspirateur...), tout en laissant des traces de salive sur ma main... Devant le généreux donateur que je suis, les autres éléphants de grande taille balancent pacifiquement leur trompe devant moi. J'ai peine à faire en sorte que chacun reçoit son concombre avec toutes ses trompes (on se croirait en train de donner du pain aux canards). Et ils se laissent facilement caressés. Du vrai cuir rugueux avec des poils éparpillés sur le corps. L'éléphanteau continue à faire son cinéma et j'en profite pour prendre congé d'eux. Une question me brûle aux lèvres. La guide travaille dans ce parc depuis trois ans déjà pour terminer sur un « That is my life ». Le retour est plus pénible sous une chaleur plus étouffante, mais après avoir été charmé pour ces paisibles pachydermes, quoi de mieux que de prendre place sur l'un d'eux – en ville - et qui vous fait visiter les fameuses ruines des anciens temples khmers faisant partie du complexe impressionnant du grand palais royal de jadis. Ce qui m'a particulièrement frappé c'est que tous les bouddhas n'avaient plus de tête. C'est un peu comme à Rome, ou les têtes des déesses, empereurs, impératrices et autres ont disparus (pourtant la guillotine est apparue que lors de la Révolution française...) Finalement, le seul bouddha (miniature) à tête que je découvre dans cette immense espace, est celui laissé sur place par un bouddhiste, certainement. Autre curiosité incontournable pour ce lieu, c'est la tête de bouddha scellé dans les racines d'un arbre. Le parc attenant que je fais à pied est également magnifique. Malheureusement, les inondations ont passé par là. Il me reste à récupérer mes bagages pour mon voyage de nuit jusqu'à Chiang Mai. Pour ce faire, je dois prendre – il fait déjà nuit à 1830 - un petit bateau qui me mène de l'autre côté de la rive. Le batelier veut absolument me prendre en photo avec quatre jeunes femmes qui ont pris place. Les gros rires de part et d'autre, me prêtant à leur petit jeu. Elles veulent même m'aider à porter mes affaires...
Les photographies suivront...