lundi 30 janvier 2012

+22 jours : Cornets de cellophane...

Samedi 28 janvier
...MAE SALONG, un village chinois (sur territoire thaïlandais) perché sur une crête à plus de 1000 m d'altitude, est au programme. J'ai également appris qu'il y avait des plantations de thé, moi qui bois ce breuvage en général. Le « GREENBUS » part à 0945. Je rencontre dans le bus deux Autrichiennes qui ont prévu de voyager pendant toute une année et de faire le tour du monde. Dans le cadre d'un programme de lutte contre la récession, elles m'expliquent qu'il leur est possible de céder leur place de travail à une autre personne et de lier un voyage à l'étranger à des études postgrades. Sabine est cadre dans une agence temporaire et Manuela s'occupe de révisions comptables. Arrivés à MAE SAE, nous ne sommes qu'au pied de la montagne. Il nous faut prendre un taxi commun. Seulement, il ne démarre pas avant d'être au moins six et nous ne sommes que cinq, ceci pour des questions de coût. Notre attente s'éternise et grâce à l'arrivée du bus suivant de CHIANG RAI, qui décharge de nouvelles personnes, nous pouvons enfin démarrer avec le taxi pick-up. Le paysage est fait de collines et de petites vallées. Aux deux tiers de la longue montée sinueuse, je vois les premières plantations de thé. A mon grand regret, nous ne nous arrêterons pas vu le mode de locomotion collectif choisi. Le village est devant nous. Je m'attendais à voir un petit « CHINATOWN ». A part quelques lampadaires chinois et le style de quelques maisons (restaurants), rien me fait vraiment penser à la Chine. Le temps m'est compté et nous décidons de gravir les 718 marches pour atteindre le WAT SANTAKKHIRI (temple bouddhiste de style chinois). Ce village est un point de départ pour visiter de nombreux villages retirés. Une randonnée à cheval de quatre heures avec la visite de quatre villages est proposée, mais le temps me fait défaut. J'ai déjà pris du retard sur mon périple asiatique et je me trouve toujours en Thaïlande. Les Autrichiennes resteront sur place pour profiter du levée de soleil depuis le temple perchée sur la colline. Il me faut retourner le dernier taxi collectif redescend à 1500. Nous attendons depuis plus de 30 minutes avec un couple français bientôt à la retraite. On décide de prendre les devants et j'interpelle un conducteur d'un bus touristique tout confort de marque TOYOTA ; il n'y a que ça... Un Suisse accompagné avec une guide – qui a le bus à lui tout seul - n'est pas opposé à ce que nous faisons le voyage avec lui. Je suis d'autant plus rassuré car la descente est longue et les freins sont mis à rude épreuve. Les taxis collectifs me semblent pas toujours en bon état. Nous avons gagné au change. A la descente, la guide nous dit qu'ils vont d'abord s'arrêter dans une exploitation de thé. Quelle opportunité et j'y crois à peine ! Mon souhait se réalisera donc, je suis enchanté. Les plantations de thé sont à flanc de coteau. Il s'agit de petits buissons alignés horizontalement, d'une hauteur de 50-80 cm, au contraire de la vigne qui est plantée verticalement. Ils viennent d'être taillés un peu comme la lavande. En fait, les feuilles vertes visibles ne sont pas prévues pour le thé, ce sont uniquement les petites feuilles qui doivent repoussées tous les deux mois. Le nom de ce thé - entre le noir et le vert - est « OOLONG » (Dragon noir). Nous avons l'occasion de visiter la fabrique qui coupe les feuilles en tous petits bouts avant de le torréfier dans des centrifugeuses. Il passe ensuite à différents stades pour être compressé et placé dans un grand sachet sous vide pour la vente. Nous repartons et arrivés en plaine, nous remarquons quatre femmes avec le chapeau classique en bambou et leurs bottes qui travaillent dans une rizière. Le temps de retourner sur place, elles viennent de quitter les lieux. Nous sommes déposés pas loin de la route principale où nous reprendrons le bus. Les Thaïlandais se sont montrés très serviables, ce qui dans leur nature. Nous sommes en fin de journée. Le premier bus passe et ne s'arrête pas, il est plein. Le suivant est également entièrement occupé, mais nous pouvons y monter et restons debout avant de pouvoir s'asseoir au fil des arrêts. Beaucoup de jeunes occupent les sièges. C'est samedi, ils sont de sortie. C'est alors que je remarque bêtement que sur les barres métalliques du plafond pour se tenir, il y a de nombreux sachets de cellophane qui sont noués... Je comprends qu'ils sont pour ceux-celles qui se sentiraient mal. Il faut dire que les anciens bus sont des vrais « lessiveuses » et peu confortable. En plus des nombreux arrêts, et des coups de freins intempestifs dus au trafic, plus d'un pourrait être avoir l'estomac retourné. Nous arrivons à CHIANG MAI sans que quelqu'un ait eu besoin d'un sachet ! Je suis fatigué par le soleil et la journée à voyager. Ce soir, je ne ferai pas long, demain c'est le départ pour le LAOS, et si j'arrive à l'heure à la frontière pour prendre le "SLOW BOOT"...
Les photographies suivront...



+21 jours : (2) Âme sensible s'abstenir; j'ai osé...



Vendredi 27 janvier
Je me lève donc sans plan précis si ce n'est que je découvrirai la province de CHIANG MAI en utilisant les transports publics. Mon linge est prêt à 1000, puis je quitte le guesthouse pour un autre du nom de « JANSSOM », dans la même rue, trois cents mètres plus loin. J'ai pris l'habitude de louer la chambre pour une nuit, me laissant ainsi la possibilité de changer si d'envie. Mon check-in fait, je quitte les lieux et au premier restaurant je m'installe. Je commande une assiette de bananes, de mangues et d'ananas. On me sert avec une belle bouteille d'eau CHANG dont le logo représente deux éléphants qui se font face ; il n'existe donc pas que la bière. Un chien pékinois (est-il thaï?) déambule fièrement dans l'établissement avec son maillot de football n° 7. C'est le milieu de terrain et doit être un des têtes pensantes du restaurant ! Je commence réellement la journée par la culture du café propre à CHIANG MAI. Dans l'autre restaurant, j'ai volontairement renoncé au thé, car j'ai l'intention de déguster le café arabica DOI CHAANG de la région ; le plus fameux de Thaïlande. Il s'exporte en Europe et au Canada. Je ne suis pas café, mais il serait dommage de pas faire honneur aux produits régionaux. Mon café tassé (parlons francophone, car expresso et ristreto étant plus courant il est vrai chez nous en Suisse) est bon et corsé. Il lui manque juste cette nappe de mousse du café italien. En fait, il s'agirait d'une question de machine à café, sauf erreur. Laissez-moi encore vous décrire ce café-restaurant. Je me trouve dans un hall décoré avec un escalier montant sur une galerie. Le sol à des dalles et des petites galets tout autour. Dans une atmosphère de musique folk thaï avec le bruit du ruissellement de l'eau d'une belle fontaine. Elle est entourée de plantes exotiques qui occupent le tiers de l'espace. Le journal est presque de trop dans ces conditions, encore faudrait-il savoir lire le thaï ! A l'extérieur, juste en face de moi, une église construite en 1914. Elle aussi est fermée. Les missionnaires ont aussi passé par là. A la gare centrale des bus, je m'informe comment me rendre à la MAI SAE, la commune la plus au nord de la Thaïlande et poste frontière avec la Birmanie, l'entrée du Triangle d'Or. Le « GREENBUS », véhicule de transport pour moins de 20 passagers, un modèle TOYOTA récent, part dans 10 minutes ! Une maman et son enfant de 3 ans s'asseyent à côté de moi. Par prudence, le chauffeur lui indique où sont les cornets si jamais le petit devait vomir ! Au cas, on évitera une catastrophe avec moi aux première loges ! Il est 1215. Je commence à bien connaître le paysage. Le trafic sur cet axe menant à la frontière birmane, est dense. Sa Majesté le Roi est partout, sur les affiches, autant dans les établissements publics que les commerces. On m'a dit qu'il était très apprécié de ses sujets. Pour agrémenter le voyage, nous avons droit à de la musique thaïe langoureuse. Le bus s'arrête au côté sud de la ville de MAE SAE. Il y a encore un bout à faire, ce que je ne savais pas. Voilà qu'une femme m'accoste en me disant de monter dans un pick-up rouge, qui sont des taxis collectifs (très pratique, j'avais oublié...), alors que je suis la proie de conducteurs de taxi-moto. Le véhicule regagne le trafic et empruntons une longue route rectiligne sans fin, genre Champs Elysées, avec des commerces qui se suivent. Au bout, un énorme portique, le poste frontière. Il y a du monde partout et des véhicules qui n'arrêtent pas de décharger des personnes avant de repartir aussitôt. Les touristes dont beaucoup de Thaïs, s'empressent de faire la colonne pour passer le contrôle. Je passe à côté et vois par-dessus les têtes qu'il doit y avoir une rivière qui délimite la frontière par laquelle passe un grand pont. Je m'en approche et m'arrête près une des nombreuses vendeuses de marrons ! Oui, comme chez nous c'est la saison... tout en vous rappelant que nous sommes en hiver ici, mais avec une température de 28° C. Je prends un paquet de marrons qui sera mon dîner Mon voyage m'a fait monter à l'extrême nord de la Thaïlande, soit à presque 900 kilomètres de Bangkok et je décide de passer en Birmanie par curiosité. Je dois remettre mon passeport contre un laissez-passer avec ma photo. Cela me coûte Bath 500.-- (Chf. 16.-- env.). A savoir que l'avantage de passer en Birmanie annule mon autorisation de séjour d'un mois en Thaïlande. En contre-partie, en retournant en Thaïlande, je reçois un nouveau permis de 15 jours. En principe, je suis gagnant mais comme ces prochains jours, je vais passer au LAOS, cela ne changera pas à grand chose. Nous, les Européens avons le droit de séjourner 30 jours en Thaïlande (il faut arriver en avion) ou il faut demander un autre permis de séjour payant. De l'autre côté de la frontière, nous accueille TACHILEIK qui se targe d'être la citée du fameux « Triangle d'Or ». Rien de particulier à voir ; encore des ruelles avec des shops en nombre. J'ai trouvé ce que je voulais, un petit éléphant en Jade de Birmanie dans une bijouterie pour une bouchée de pain. Là, un type m'aborde avec des revues pornographiques, du prétendu VIAGRA, des cartouches de cigarettes qui n'en portent que le nom. Je l'ignore et il me suit en me demandant si je veux des revues homo. Là, il voit que je vais me fâcher et lui dis sèchement de dégager mon chemin. Il a disparu comme il est apparu. La réalité est là, devant moi ! Je n'ai plus rien à faire ici, si ce n'est que je me fais envie en m'arrêtant à un stand de fruits tenu par une grand-maman et son petit-fils. Je reprends le chemin du retour. Un contrôle de la police inopiné s'opère dans le bus après 15 minutes de route. Elle recherche certainement des clandestins comme dans toute zone frontalière. A 1800 exactement, j'arrive à CHIANG RAI. Après quelques achats, dont des pansements et des compresses qui me manquaient, sans me presser, je retourne à la maison d'hôtes. La route principale commerçante s'illumine sous les nombreuses enseignes. La nuit tombe vite. Comme, j'ai une petite faim, je sors au « NIGHT BAZAAR CHIANG RAI », avec la ferme intention de goûter en entrée un de ses blattes (sorte de cafard) grillés. Le gars au stand est toujours aussi souriant. Je demande un mélange de verres de soie et de bambou, de deux variétés de sauterelles et un seul blatte. Il faut pas trop la pousser. Il est énorme, il doit faire au moins 4 à 5 cm de long et 2 de large. Je réserve mon courage pour la fin de mon repas d'insectes. Arrive le moment de non retour. Je le regarde de tout les côtés et j'ai l'impression qu'il me nargue, qu'à tout moment qu'il va bouger et me filer entre mes doigts pour regagner les canalisations de la ville ! Je commence par la tête. Un goût d'épices genre « Aromat » et de grillé, pas différents des verres et sauterelles que j'ai mangés. Il me reste l'abdomen dans la main. Là, j'entrevoie ses entrailles vert pâle. A l'instant, je me dis : « J'ose ou j'ose pas, je ne vais pas me dégonfler maintenant que j'ai déjà croqué sa tête ». Je ne veux pas avaler le bout tout rond, car je veux savoir quel goût ça a ? J'ai toujours été curieux de nouveaux goûts en gastronomique (est-ce de la gastronomie ?...). Je suis le premier étonné, ce n'est pas mauvais. Ça a un goût subtil un peu parfumé, difficile à décrire. L'épreuve passé, le plat principal plus conventionnel m'attend. L'autre soir, j'avais remarqué que de petits paniers contenant des vermicelles de riz, différents légumes, un œuf, du basilique thaï et au choix différentes viandes, poissons ou fruits de mer. Le tout était servi dans une sorte de petit caquelon de terre cuite de la grandeur de celui à fondue, posé sur un réchaud de terre cuite contenant de la braise. J'accompagne le repas d'une bière « Léo », pour passer la soif. Je finirai la soirée avec un massage thaï. La masseuse s'est endormie, elle doit avoir trop travaillé...)...
Les photographies suivront (âme sensible s'abstenir)...

+20 jours : Âme sensible s'abstenir... VENI, VIDI, VICI !...


Jeudi 26 janvier 2012
...j'ai tout le temps, ce matin, mon « LONG TRAIL BOOT » descendra la rivière MAE KOK – qui se jette ensuite dans le MEKONG - à 1230, pour rejoindre CHIANG RAI. Devant un thé vert chinois, je profite de la belle terrasse du guesthouse « APPLE », réchauffée par les rayons du soleil, qui donne sur la rivière et sur le pont principal de THATON ainsi que le temple qui surplombe le village. Les nuits sont crues et au matin les températures reviennent douces à l'ombre dès l'apparition du soleil. Lorsque vous vous réveillez dans votre bungalow, c'est un peu comme un réveil dans un chalet de montagne en Suisse, sans chauffage. Heureusement, le lit est équipé d'une épaisse couverture. On m'avait suggéré de prendre le « BOOT » au lieu du bus, pour profiter de la beautés des rivages sauvages pour certains et d'autres habités. Le « LONG TRAIL BOOT » avance rapidement et slalome entre les rochers qui émergent par-ci, par-là ou alors change de côté à cause d'un banc de sable. Toute l'attention est demandée du batelier. A un moment, nous sursautons tous, le bateau, avec une coque métallique, a un choc. Il a dû toucher une pierre ou le lit de la rivière. Aucune émotion à lire sur le visage du batelier ; on se rassure. Plus de peur que de mal. La descente a tenu ses promesses et je la recommande vivement. Arrivé, je suis fatigué et las ; quatre heures assis au fond du bateau m'ont épuisé. A CHIANG RAI, j'avais l'intention de faire un trek avec une des agences TAT conseillées. De plus, comme partout, à chaque coin de rue, des bureaux vantent leur tour. Je suis un peu écœuré de ce tourisme de masse assisté. Finalement, je renonce à faire un trek. Je crois que j'ai vu l'essentiel et la plupart du temps une bonne part des tours organisés sont liés à des activités commerciales au détriment des villages visités. Je verrai les deux prochains jours comment visiter cette magnifique province de CHIANG RAI, probablement en prenant les transports publics, cela doit être possible. A ce sujet, j'ai remarqué que ceux-ci allait pratiquement partout. L'avantage c'est de voyager avec les indigènes à un prix modeste. J'ai vu que très peu de touristes étrangers, sauf sur les grands axes. Cette petite ville provinciale a beaucoup de charme et c'est celle que je préfère depuis mon arrivée en Thaïlande. Elle est un point de départ idéal pour toutes les activés possible dans le nord. Certains jurent que par CHIANG MAI, deuxième plus grande ville du pays, qui peut être facilement visité depuis CHIANG RAI, en bus. A chacun son choix. Je découvre le « CHIANG RAI NIGHT BAAZAR », la ville se réveille dans une animation faite de stands, de petits restaurants dont celui qui occupe une énorme place couverte avec un toit style thaï. Tous autour des artisans vers lesquels je m'arrête. Je suis réellement impressionné par les sculptures dans des troncs de tek représentant des danseuses traditionnelles thaïes, des éléphants et la jungle avec des lianes. Je discute avec le commerçant qui me dit que la plus grande pièce (tronc de 1.5 de haut) a demandé une année et demie de travail. Son prix est de EURO 10'000.--, ce qui me paraît raisonnable pour une telle œuvre artistique. Immanquablement, j'arrive sur la place principale remplie de chaises et de tables avec dans le fond une scène de spectacle. Un thaï joue de la guitare. Sur les côtés, différents maisonnettes avec des étalages proposent toutes sortes de nourriture. C'est le petit stand d'insectes qui propose des verres de bambou et de soie, des petites et grandes sauterelles et des blattes qui m'arrête. Je regarde cela comme une bête curieuse et un client partir avec une barquette d'insectes qui sort de la friteuse. Ce qui va suivre n'est pas pour les âmes sensibles. Donc n'hésitez pas à vous reporter une dizaine de lignes plus loin. Je quitte le stand pour faire mon choix définitif après avoir vu tous les étalages. Je ne peux m'empêcher de penser aux insectes. Il est vrai que cela fait de nombreuses années que je dis vouloir goûter ces bestioles et pas seulement des sauterelles qui restent les plus appétissantes !!! J'ai pris ma décision après une appréciation approfondie de la situation : - avantages et désavantages ? Au stand, d'une petite voix étranglée, je demande une barquette mélangée avec des sauterelles et des vers de bambou et de soie. J'observe le cuisinier qui trempent les insectes dans sa friture pour les ressortir très rapidement. Il ajoute de l'huile assaisonnée et des épices en suffisance. Je me dis que c'est pour couvrir le goût dégueulasse des insectes. Pas rassuré du tout. Je m'installe à une table en prenant la précaution de m'offrir une bière « LEO ». Personne ne fait attention à moi, personne pour m'encourager, je suis seul au monde avec mes insectes qui me font l'impression qu'ils vont bouger d'un moment à l'autre. Une bonne odeur d'épices montent à mes narines, c'est déjà ça ! Je m’empare d'une sauterelle que je retourne de tous les côtés. J'entends les craquements de la carapace de la sauterelle quand je mords dedans. A cet instant, j'ai le sentiment de manger une frite un peu brune avec de l'Aromat dessus. C'est mangeable ! Passons aux vers. Là, j'ai plus de peine, ils ressemblent tellement à ceux que j'utilisais quand j'allais pêcher au lac de Biel/Bienne. Comme un poisson, je vais vivre ce qu'il ressent quand il bouffe un de ces vers que lui offre si généreusement le pêcheur ! La sensation de manger une frite pâteuse relevée par l'Aromat, sans plus. Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu (veni, vidi, vici). Je n'ai donc pas perdu mon appétit et je passe au repas principal. Après ce voyage et toutes ces émotions, le guerrier s'endormira d'un léger sommeil comme un soldat de César...
Les photographies suivront et ne seront pas censurées (âme sensible s'abstenir)...

+19 jours : TATHON : quand se rencontrent temple bouddhiste, village animiste, église, mosquée...

Mercedi 25 janvier 2012
...le guide « PAOAROON » est ponctuel. Il est 0900. Pour le décrire, il me fait penser à un boxeur ou body-guard de petite taille. Il est a une certaine autorité et assurance qui sont indispensables comme organisateur de trek TAT, avec un sourire sympathique et des lunettes de soleil, de la marque « POLICE ». J'apprendrai de lui qu'il fait de la boxe thaï et qu'il a été un sergent professionnel dans la police militaire à Bangkok, pendant cinq ans. Il a un short, des petits souliers de loisirs et la traditionnelle machette qu'il garde constamment à la main, rangé dans un étui. Nous passons au marché pour de l'eau et de la nourriture. Je lui ai demandé pour du « Sticky Rice ». Il me propose des « Bambou-Sticky Rice ». Le riz gluant est imprégné de lait de noix de coco et tassé dans le creux du bambou d'une longueur de 30 cm et d'un diamètre 5-8 cm, puis bouchonné avec une sorte de paille fine naturelle. Il ajoute que c'est très nourrissant tout en étant léger. A 0950, nous partons à travers les rizières séchées. La récolte est passée dans cette région et ce sont les bœufs qui profitent de l'herbe qui poussent. Il reste quelques rizières gorgées d'eau. Il est vrai que les terrains de cette région du nord, son exploités partout. Il me dit que l'économie maraîchère et fruitière est des plus prospère et s'exporte. Nous traversons un verger d'arbres de litchies, sans fruit en cette saison, avec des feuilles vertes de taille moyenne. Nous côtoyons plusieurs étables faites de bois et de paille. Il est intéressant de constater que les portails pour les enclos ont les passages sont en partie faits avec du bambou. Des trous sont coupés dans le tronc pour faire traverser perpendiculairement des tiges de bambou. Nous nous arrêtons vers un arbre qui portent de gros fruits bruns allongés. Il me dit d'essayer d'en faire tomber un avec ma tige de bambou. Quand, je la décortique une éponge apparaît. Il me dit que c'est l'éponge thaï qui peut être servie plusieurs fois. Nous sommes en limite des terres exploitables et de la jungle forestière. Il y a bien un sentier qui semble monter, mais le guide d'un pas assuré avance et doit souvent faire usage de sa machette ; la végétation est partout. Il s'accroche souvent à des ronces. Nous remontons un ruisseau. Nous faisons une halte vers un petit foyer. Le guide me dit que cela doit être des paysans isolés qui – tout en souriant - ont peut-être grillé du serpent. Il me dit que cela arrive. Je lui demande s'il en a déjà mangé ? Il me répond que non, mais que s'il n'y avait rien d'autre... La jungle est fascinante avec les cris des oiseaux, Nous passons une sorte de petit col qui accède à une clairière herbeuse sur laquelle jonchent quelques os blanchis de 2-3 boeufs. La place me fait penser à un mouroir pour bétail. Nous nous arrêtons vers un abri d'un paysan isolé, en lisière de la jungle. Nous sortons nos « Banana Sticky Rice ». Nous les ouvrons et les mangeons un peu comme une banane. Le riz gluant se présente en forme de tube que nous partageons par bouts.  C'est un régal avec un léger goût de sucré. Nous repartons, il fait très chaud et il y a peu d'air en plein midi. Le guide m'avait averti le jour d'avant. Dans la descente, le guide glisse plusieurs fois avec ses souliers sans profil. Je n'ai pas trop l'air ridicule avec mes gros souliers de marche qui me permet d'avoir le pied sûr. Devant nous un village « LAHU », qui sont des animistes (culte d'une divinité qui leur est propre), mais il y a aussi des Chrétiens, venus du Tibet. A l'entrée du village ont entend des voix de femmes. Un peu plus loin, je vois ces femmes jouer à une sorte de jeu de quilles. Comme boules et quilles, celles-ci sont remplacées par des fruits durs de couleur brun foncé; un genre de marrons. Ils sont deux fois plus grands, ovales et plats. Cinq ou six de ses fruits sont déposés sur leur tranche, en ligne sur le sol de fin gravier. Depuis une distance de 4-5 mètres, la joueuse de quilles thaïes lance un de ses fruits de la même taille sur les autres qui sont debout. Le principe de ce jeu est le identique à celui des quilles, faire tomber un maximum de fruits. La plus grande place du hameau est décorée avec des fanions festifs avec une perche au centre, muni d'un plateau sur lequel est placé un panier, à une hauteur de 2 mètres. Le guide m'explique que la communauté vient de vivre une fête religieuse en offrant en sacrifices des tête de cochons gris (ils sont tous de cette couleur en Thaïlande). C'est peu ragoûtant. Il y a des enfants qui s'approchent tout de suite du guide car il distribue des bonbons. Autour de nous, j'ai rarement vu autant de chiens. De lui-même, le guide me dit que cette communauté ethnique mange leurs chiens !!! Je suis écœuré... Finalement, ne suis-je pas venu découvrir un peu de cette réalité que nous avons tendance à oublier ou à interpréter différemment en occident, moi le premier ? Ce village est pauvre et sale, partout il y a des déchets, surtout des emballages plastifiés. Je suis content de quitter le village. Les chiens aboient et n'ont pas apprécié notre présence. Notre dernier contact avec ce hameau, est la truie apeurée suivie de cinq ou six cochonnets que nous croisons sur le sentier principal. Nous rejoignons le « MAE KOK RIVER » qui s'écoule en silence et qui serpente. C'est cette rivière qu'empruntera demain le « LONG TRAIL SPEED BOOT », lorsque je me rendrai à CHIANG RAI. De l'autre côté de la rive, un des plus important village de « LAHU » de la région. On entend de la musique et des paroles. La fête religieuse dure une semaine.  PAOAROON » m'explique que le bouddhisme est la principale religion, puis viennent le christianisme et la communauté musulmane. Le nord de la Thaïlande est plus occupé par des chrétien. Alors qu'au sud, les musulmans y sont plus nombreux (l'Malaisie n'est pas loin). Nous arrivons en avance et nous avons le temps de nous arrêter à la petite buvette du village où le « Pick-up » du guide est stationné. En remontant le village comptant 200 âmes, je suis attiré par un écriteau : « LAHU BAPTIST CHURCH » devant un bâtiment. Les missionnaires chrétiens sont aussi venus jusque dans le nord pour prêcher la bonne Parole. Quant au village voisin, un peu plus grand, il y a une accueillante petite église sur son sol, malgré que la porte d'accès est verrouillé ! Et pour rester sur le sujet, j'avais vu le jour d'avant l'écriteau d'une communauté musulmane : «  MASJID AL RAHMAN », au centre de THATON. Il n'y a apparemment pas de conflits entre religions, cela démontre la grande tolérance intereligieuse du peuple thaïlandais. Pour terminer la journée, nous nous rendons auprès d'un village qui abrite une tribu « LONG NEG » (longs cous). Il s'agirait d'ethnies venant de la Birmanie. Les femmes portent de nombreux anneaux au cou, ce qui allongent leur cou. Le guide m'explique que ces anneaux sont portés pour protéger les femmes, travaillant dans les rizières ou champs, qui sont attaquées par des tigres. Quand ils agressent leur proie et s'en prennent généralement à leur cou. Le village est très touristique avec, sur le chemin le traversant, que des stands de souvenirs composés de produits artisanaux de part et d'autres. Une partie des écharpes proposées sont de l'artisanat local mais aussi d'ailleurs (j'entends cette remarque d'un guide avec son client). J'achète une écharpe locale qui me sera utile en randonnée. Le prix est tellement dérisoire, respectivement mon achat soutiendra l'économie locale. D'un autre côté, je suis le premier à en profite en tant que tourste. Pour le mot de la fin - au péril de me répéter - THATON, modeste village à la frontière birmane, vaut le détour pour son charme asiatique et ses villages voisins ainsi que par ce microcosme multiculturel et religieux. Je suis étonné ne rien trouver de précis dans mon guide de voyage...
Les photographies suivront...

+18 jours : Le bungalow rose...

Mardi 24 janvier 2012
...je comprends encore mieux pourquoi la chambre est si bon marché. Les murs ont tremblés au volume de la musique du dancing juste à côté qui a fermé à plus d'heure. Ah ! J'allais oublié, le bruit de la « Mainstreet », axe principal de FANG. Je passe tout de même une bonne nuit ; j'ai mon tampons auriculaires ! Mon bus se rendra à THATON, ma destination finale. Départ prévu à 0830. Je quitte l'hôtel d'où je vois l'arrêt du bus. J'ai le temps de traverser juste la route et d'acheter mon déjeuner de fruits à Bath 15 (35 ct.) Par simple précaution, je suis arrivé en avance. Le contrôleur me dit que le bus aura du retard et m'indique l'heure sur la montre : 0850. Je m'installe donc pour manger mes « baby-bananas » (petites bananes plus épaisses avec un goût plus fruité). Le contrôleur me fait signe, étonné, que le bus est déjà là ! Il est 0825 ! Je prends rapidement mes bagages pour y monter. Par ce beau matin de soleil, je vois de la route un bouddha blanc et la tour dorée à ses côtés, sur la colline et entourés de la forêt, qui se reflètent comme un miroir. Cela me fait penser aux coupoles argentées des mosquées que je devinais dans les environs d'ANKARA en TURQUIE, peu avant l’atterrissage de l'avion. J'arrive à THANON une demie heure plus tard. Le guesthouse qui m'a été suggéré est complet. On m'en indique un autre du nom de l' « APPLE RIVER VILLA ». On me propose un petit bungalow « tout rose » avec une mini-terrasse et une chaise. Très romantique dans un décor de palmiers à l'arrière-plan (l'image d'une vrai carte postale). Le guesthouse est à un des meilleurs emplacement de THATON. Un peu en retrait de son centre, il a les pieds presque dans la rivière « MAE KOK », avec une magnifique terrasse en surplomb. La vue donne sur le pont principal avec des portiques asiatiques décoratifs ainsi que sur le temple dans les hauteurs de FANG, et à flanc de coteau. Installé dans mon bungalow, je me désaltère sur la terrasse avant de me rendre à l'agence TAT pour un trek d'un jour, le lendemain. Il me propose une randonnée à travers les rizières et de la jungle forestière sur les collines, la visite d'authentiques villages, avant de longer la rivière « MAE KOK ». A ma question, le trek ne sera pas sur la frontière birmane, trop dangereuse. Je n'aurai donc pas pu jeter un coup d’œil en Birmanie. Il faudra compter cinq heures de marche. Le hic, c'est que je suis son seul client pour demain, ce qui me coûtera plus cher. J'espérais que d'autres se joignent à cette sortie, ce qui ne sera pas le cas. Je profiterai donc pleinement des explications du guide, en compensation. Je finis par un tour du village en gravissant la colline de l'autre côté de la rive, pour visiter l'emplacement du temple. La vue est encore plus belle depuis là-haut. On voit toute la plaine, le village et le bras du « MAE KOK » qui disparaît derrière une petite vallée. Il y a beaucoup de Thaïlandais, ça doit être un de ces nombreux temples touristiques. Je redescends sur la route principale qui est bordée d'une vingtaine de commerces que je regarde avec curiosité, avant de traverser le pont. J'ai repéré un petit bistrot-magasin typiquement thaï. J'y mange bien et il y a toujours quelque chose à découvrir que ce soit dans la façon de vivre des Thaïs ou par les lieux eux-mêmes. En soirée, le village est d'une tranquillité presque anormale mais on s'y sent bien pour se relaxer, loin de vie trépidante des villes. Il est vrai qu'il n'y a que peu de touristes. Pour un séjour dans le nord, c'est un village dans lequel il faut vivre au moins un jour...
Les photographies suivront...