Vendredi
27 janvier
Je
me lève donc sans plan précis si ce n'est que je découvrirai la
province de CHIANG MAI en utilisant les transports publics. Mon linge
est prêt à 1000, puis je quitte le guesthouse pour un autre du nom
de « JANSSOM », dans la même rue,
trois cents mètres plus loin. J'ai pris l'habitude de louer la
chambre pour une nuit, me laissant ainsi la possibilité de changer
si d'envie. Mon check-in fait, je quitte les lieux et au premier
restaurant je m'installe. Je commande une assiette de bananes, de
mangues et d'ananas. On me sert avec une belle bouteille d'eau CHANG
dont le logo représente deux éléphants qui se font face ; il
n'existe donc pas que la bière. Un chien pékinois (est-il thaï?)
déambule fièrement dans l'établissement avec son maillot de
football n° 7. C'est le milieu de terrain et doit être un des têtes
pensantes du restaurant ! Je commence réellement la journée
par la culture du café propre à CHIANG MAI. Dans l'autre
restaurant, j'ai volontairement renoncé au thé, car j'ai
l'intention de déguster le café arabica DOI CHAANG de la région ;
le plus fameux de Thaïlande. Il s'exporte en Europe et au Canada. Je
ne suis pas café, mais il serait dommage de pas faire honneur aux
produits régionaux. Mon café tassé (parlons francophone, car
expresso et ristreto étant plus courant il est vrai chez nous en
Suisse) est bon et corsé. Il lui manque juste cette nappe de mousse
du café italien. En fait, il s'agirait d'une question de machine à
café, sauf erreur. Laissez-moi encore vous décrire ce
café-restaurant. Je me trouve dans un hall décoré avec un escalier
montant sur une galerie. Le sol à des dalles et des petites galets
tout autour. Dans une atmosphère de musique folk thaï avec le bruit
du ruissellement de l'eau d'une belle fontaine. Elle est entourée de
plantes exotiques qui occupent le tiers de l'espace. Le journal est
presque de trop dans ces conditions, encore faudrait-il savoir lire
le thaï ! A l'extérieur, juste en face de moi, une église
construite en 1914. Elle aussi est fermée. Les missionnaires ont
aussi passé par là. A la gare centrale des bus, je m'informe
comment me rendre à la MAI SAE, la commune la plus au nord de la
Thaïlande et poste frontière avec la Birmanie, l'entrée du
Triangle d'Or. Le « GREENBUS », véhicule de transport
pour moins de 20 passagers, un modèle TOYOTA récent, part dans 10
minutes ! Une maman et son enfant de 3 ans s'asseyent à côté
de moi. Par prudence, le chauffeur lui indique où sont les cornets
si jamais le petit devait vomir ! Au cas, on évitera une
catastrophe avec moi aux première loges ! Il est 1215. Je
commence à bien connaître le paysage. Le trafic sur cet axe menant
à la frontière birmane, est dense. Sa Majesté le Roi est partout,
sur les affiches, autant dans les établissements publics que les
commerces. On m'a dit qu'il était très apprécié de ses sujets.
Pour agrémenter le voyage, nous avons droit à de la musique thaïe
langoureuse. Le bus s'arrête au côté sud de la ville de MAE SAE.
Il y a encore un bout à faire, ce que je ne savais pas. Voilà
qu'une femme m'accoste en me disant de monter dans un pick-up rouge,
qui sont des taxis collectifs (très pratique, j'avais oublié...),
alors que je suis la proie de conducteurs de taxi-moto. Le véhicule
regagne le trafic et empruntons une longue route rectiligne sans fin,
genre Champs Elysées, avec des commerces qui se suivent. Au bout, un
énorme portique, le poste frontière. Il y a du monde partout et des
véhicules qui n'arrêtent pas de décharger des personnes avant de
repartir aussitôt. Les touristes dont beaucoup de Thaïs,
s'empressent de faire la colonne pour passer le contrôle. Je passe à
côté et vois par-dessus les têtes qu'il doit y avoir une rivière
qui délimite la frontière par laquelle passe un grand pont. Je m'en
approche et m'arrête près une des nombreuses vendeuses de marrons !
Oui, comme chez nous c'est la saison... tout en vous rappelant que
nous sommes en hiver ici, mais avec une température de 28° C. Je
prends un paquet de marrons qui sera mon dîner Mon voyage m'a fait
monter à l'extrême nord de la Thaïlande, soit à presque 900
kilomètres de Bangkok et je décide de passer en Birmanie par
curiosité. Je dois remettre mon passeport contre un laissez-passer
avec ma photo. Cela me coûte Bath 500.-- (Chf. 16.-- env.). A savoir
que l'avantage de passer en Birmanie annule mon autorisation de
séjour d'un mois en Thaïlande. En contre-partie, en retournant en
Thaïlande, je reçois un nouveau permis de 15 jours. En principe, je
suis gagnant mais comme ces prochains jours, je vais passer au LAOS,
cela ne changera pas à grand chose. Nous, les Européens avons le
droit de séjourner 30 jours en Thaïlande (il faut arriver en avion)
ou il faut demander un autre permis de séjour payant. De l'autre
côté de la frontière, nous accueille TACHILEIK qui se targe d'être
la citée du fameux « Triangle d'Or ». Rien de
particulier à voir ; encore des ruelles avec des shops en
nombre. J'ai trouvé ce que je voulais, un petit éléphant en Jade
de Birmanie dans une bijouterie pour une bouchée de pain. Là, un
type m'aborde avec des revues pornographiques, du prétendu VIAGRA,
des cartouches de cigarettes qui n'en portent que le nom. Je l'ignore
et il me suit en me demandant si je veux des revues homo. Là, il
voit que je vais me fâcher et lui dis sèchement de dégager mon
chemin. Il a disparu comme il est apparu. La réalité est là,
devant moi ! Je n'ai plus rien à faire ici, si ce n'est que je
me fais envie en m'arrêtant à un stand de fruits tenu par une
grand-maman et son petit-fils. Je reprends le chemin du retour. Un
contrôle de la police inopiné s'opère dans le bus après 15
minutes de route. Elle recherche certainement des clandestins comme
dans toute zone frontalière. A 1800 exactement, j'arrive à CHIANG
RAI. Après quelques achats, dont des pansements et des compresses
qui me manquaient, sans me presser, je retourne à la maison d'hôtes.
La route principale commerçante s'illumine sous les nombreuses
enseignes. La nuit tombe vite. Comme, j'ai une petite faim, je sors
au « NIGHT BAZAAR CHIANG RAI », avec la ferme intention
de goûter en entrée un de ses blattes (sorte de cafard)
grillés. Le gars au stand est toujours aussi souriant.
Je demande un mélange de verres de soie et de bambou, de deux
variétés de sauterelles et un seul blatte. Il faut pas trop la
pousser. Il est énorme, il doit faire au moins 4 à 5 cm de long et
2 de large. Je réserve mon courage pour la fin de mon repas
d'insectes. Arrive le moment de non retour. Je le regarde de tout les
côtés et j'ai l'impression qu'il me nargue, qu'à tout moment qu'il
va bouger et me filer entre mes doigts pour regagner les
canalisations de la ville ! Je commence par la tête. Un goût
d'épices genre « Aromat » et de grillé, pas différents
des verres et sauterelles que j'ai mangés. Il me reste l'abdomen
dans la main. Là, j'entrevoie ses entrailles vert pâle. A
l'instant, je me dis : « J'ose ou j'ose pas, je ne vais pas me
dégonfler maintenant que j'ai déjà croqué sa tête ». Je ne
veux pas avaler le bout tout rond, car je veux savoir quel goût ça
a ? J'ai toujours été curieux de nouveaux goûts en
gastronomique (est-ce de la gastronomie ?...). Je suis le
premier étonné, ce n'est pas mauvais. Ça a un goût subtil un peu
parfumé, difficile à décrire. L'épreuve passé, le plat
principal plus conventionnel m'attend. L'autre soir, j'avais remarqué
que de petits paniers contenant des vermicelles de riz, différents
légumes, un œuf, du basilique thaï et au choix différentes
viandes, poissons ou fruits de mer. Le tout était servi dans une
sorte de petit caquelon de terre cuite de la grandeur de celui à
fondue, posé sur un réchaud de terre cuite contenant de la braise.
J'accompagne le repas d'une bière « Léo », pour passer
la soif. Je finirai la soirée avec un massage thaï. La masseuse
s'est endormie, elle doit avoir trop travaillé...)...
Les
photographies suivront (âme sensible s'abstenir)...
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