lundi 30 janvier 2012

+21 jours : (2) Âme sensible s'abstenir; j'ai osé...



Vendredi 27 janvier
Je me lève donc sans plan précis si ce n'est que je découvrirai la province de CHIANG MAI en utilisant les transports publics. Mon linge est prêt à 1000, puis je quitte le guesthouse pour un autre du nom de « JANSSOM », dans la même rue, trois cents mètres plus loin. J'ai pris l'habitude de louer la chambre pour une nuit, me laissant ainsi la possibilité de changer si d'envie. Mon check-in fait, je quitte les lieux et au premier restaurant je m'installe. Je commande une assiette de bananes, de mangues et d'ananas. On me sert avec une belle bouteille d'eau CHANG dont le logo représente deux éléphants qui se font face ; il n'existe donc pas que la bière. Un chien pékinois (est-il thaï?) déambule fièrement dans l'établissement avec son maillot de football n° 7. C'est le milieu de terrain et doit être un des têtes pensantes du restaurant ! Je commence réellement la journée par la culture du café propre à CHIANG MAI. Dans l'autre restaurant, j'ai volontairement renoncé au thé, car j'ai l'intention de déguster le café arabica DOI CHAANG de la région ; le plus fameux de Thaïlande. Il s'exporte en Europe et au Canada. Je ne suis pas café, mais il serait dommage de pas faire honneur aux produits régionaux. Mon café tassé (parlons francophone, car expresso et ristreto étant plus courant il est vrai chez nous en Suisse) est bon et corsé. Il lui manque juste cette nappe de mousse du café italien. En fait, il s'agirait d'une question de machine à café, sauf erreur. Laissez-moi encore vous décrire ce café-restaurant. Je me trouve dans un hall décoré avec un escalier montant sur une galerie. Le sol à des dalles et des petites galets tout autour. Dans une atmosphère de musique folk thaï avec le bruit du ruissellement de l'eau d'une belle fontaine. Elle est entourée de plantes exotiques qui occupent le tiers de l'espace. Le journal est presque de trop dans ces conditions, encore faudrait-il savoir lire le thaï ! A l'extérieur, juste en face de moi, une église construite en 1914. Elle aussi est fermée. Les missionnaires ont aussi passé par là. A la gare centrale des bus, je m'informe comment me rendre à la MAI SAE, la commune la plus au nord de la Thaïlande et poste frontière avec la Birmanie, l'entrée du Triangle d'Or. Le « GREENBUS », véhicule de transport pour moins de 20 passagers, un modèle TOYOTA récent, part dans 10 minutes ! Une maman et son enfant de 3 ans s'asseyent à côté de moi. Par prudence, le chauffeur lui indique où sont les cornets si jamais le petit devait vomir ! Au cas, on évitera une catastrophe avec moi aux première loges ! Il est 1215. Je commence à bien connaître le paysage. Le trafic sur cet axe menant à la frontière birmane, est dense. Sa Majesté le Roi est partout, sur les affiches, autant dans les établissements publics que les commerces. On m'a dit qu'il était très apprécié de ses sujets. Pour agrémenter le voyage, nous avons droit à de la musique thaïe langoureuse. Le bus s'arrête au côté sud de la ville de MAE SAE. Il y a encore un bout à faire, ce que je ne savais pas. Voilà qu'une femme m'accoste en me disant de monter dans un pick-up rouge, qui sont des taxis collectifs (très pratique, j'avais oublié...), alors que je suis la proie de conducteurs de taxi-moto. Le véhicule regagne le trafic et empruntons une longue route rectiligne sans fin, genre Champs Elysées, avec des commerces qui se suivent. Au bout, un énorme portique, le poste frontière. Il y a du monde partout et des véhicules qui n'arrêtent pas de décharger des personnes avant de repartir aussitôt. Les touristes dont beaucoup de Thaïs, s'empressent de faire la colonne pour passer le contrôle. Je passe à côté et vois par-dessus les têtes qu'il doit y avoir une rivière qui délimite la frontière par laquelle passe un grand pont. Je m'en approche et m'arrête près une des nombreuses vendeuses de marrons ! Oui, comme chez nous c'est la saison... tout en vous rappelant que nous sommes en hiver ici, mais avec une température de 28° C. Je prends un paquet de marrons qui sera mon dîner Mon voyage m'a fait monter à l'extrême nord de la Thaïlande, soit à presque 900 kilomètres de Bangkok et je décide de passer en Birmanie par curiosité. Je dois remettre mon passeport contre un laissez-passer avec ma photo. Cela me coûte Bath 500.-- (Chf. 16.-- env.). A savoir que l'avantage de passer en Birmanie annule mon autorisation de séjour d'un mois en Thaïlande. En contre-partie, en retournant en Thaïlande, je reçois un nouveau permis de 15 jours. En principe, je suis gagnant mais comme ces prochains jours, je vais passer au LAOS, cela ne changera pas à grand chose. Nous, les Européens avons le droit de séjourner 30 jours en Thaïlande (il faut arriver en avion) ou il faut demander un autre permis de séjour payant. De l'autre côté de la frontière, nous accueille TACHILEIK qui se targe d'être la citée du fameux « Triangle d'Or ». Rien de particulier à voir ; encore des ruelles avec des shops en nombre. J'ai trouvé ce que je voulais, un petit éléphant en Jade de Birmanie dans une bijouterie pour une bouchée de pain. Là, un type m'aborde avec des revues pornographiques, du prétendu VIAGRA, des cartouches de cigarettes qui n'en portent que le nom. Je l'ignore et il me suit en me demandant si je veux des revues homo. Là, il voit que je vais me fâcher et lui dis sèchement de dégager mon chemin. Il a disparu comme il est apparu. La réalité est là, devant moi ! Je n'ai plus rien à faire ici, si ce n'est que je me fais envie en m'arrêtant à un stand de fruits tenu par une grand-maman et son petit-fils. Je reprends le chemin du retour. Un contrôle de la police inopiné s'opère dans le bus après 15 minutes de route. Elle recherche certainement des clandestins comme dans toute zone frontalière. A 1800 exactement, j'arrive à CHIANG RAI. Après quelques achats, dont des pansements et des compresses qui me manquaient, sans me presser, je retourne à la maison d'hôtes. La route principale commerçante s'illumine sous les nombreuses enseignes. La nuit tombe vite. Comme, j'ai une petite faim, je sors au « NIGHT BAZAAR CHIANG RAI », avec la ferme intention de goûter en entrée un de ses blattes (sorte de cafard) grillés. Le gars au stand est toujours aussi souriant. Je demande un mélange de verres de soie et de bambou, de deux variétés de sauterelles et un seul blatte. Il faut pas trop la pousser. Il est énorme, il doit faire au moins 4 à 5 cm de long et 2 de large. Je réserve mon courage pour la fin de mon repas d'insectes. Arrive le moment de non retour. Je le regarde de tout les côtés et j'ai l'impression qu'il me nargue, qu'à tout moment qu'il va bouger et me filer entre mes doigts pour regagner les canalisations de la ville ! Je commence par la tête. Un goût d'épices genre « Aromat » et de grillé, pas différents des verres et sauterelles que j'ai mangés. Il me reste l'abdomen dans la main. Là, j'entrevoie ses entrailles vert pâle. A l'instant, je me dis : « J'ose ou j'ose pas, je ne vais pas me dégonfler maintenant que j'ai déjà croqué sa tête ». Je ne veux pas avaler le bout tout rond, car je veux savoir quel goût ça a ? J'ai toujours été curieux de nouveaux goûts en gastronomique (est-ce de la gastronomie ?...). Je suis le premier étonné, ce n'est pas mauvais. Ça a un goût subtil un peu parfumé, difficile à décrire. L'épreuve passé, le plat principal plus conventionnel m'attend. L'autre soir, j'avais remarqué que de petits paniers contenant des vermicelles de riz, différents légumes, un œuf, du basilique thaï et au choix différentes viandes, poissons ou fruits de mer. Le tout était servi dans une sorte de petit caquelon de terre cuite de la grandeur de celui à fondue, posé sur un réchaud de terre cuite contenant de la braise. J'accompagne le repas d'une bière « Léo », pour passer la soif. Je finirai la soirée avec un massage thaï. La masseuse s'est endormie, elle doit avoir trop travaillé...)...
Les photographies suivront (âme sensible s'abstenir)...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire