lundi 5 mars 2012

+33 jours : Flânerie dans Siam Reap...

Mercredi 8 février
...me voici donc à SIAM REAP au CAMBODGE, mais dans quel état. J'ai besoin d'une journée de récupération après un voyage aussi éprouvant. Mais n'est-ce pas le lot des routards ? La petite ville de SIAM REAP a beaucoup de charme, traversée par une une rivière, sertie dans un écrin campagnard. On s'y retrouve entre les restaurants à deux étages au style colonial, les marchés, les stands dans les rues où il fait bon s'asseoir pour manger. Avec ses deux millions de touristes par année, SIAM REAP sert surtout de port d'accès et de résidence aux visiteurs d’ANGKOR. Je quitte l'hôtel vers midi, encore endormi. Un bon déjeuner me fera du bien, ce d'autant plus que le jour précédent je n'ai presque rien mangé lors du voyage. Tout de suite, je me sens à l'aise de flâner comme d'autres touristes et traverse le marché artisanal couvert. J'évite de m'attarder, il y tant de choix pour des souvenirs. Je change de GUESTHOUSE IVY 2, qui m'a été recommandé par sa situation en plein centre, au calme, pour son accueil chaleureux et sa propreté. Demain, je prévois une visite organisée des temples d'ANGKOR et réserve une place. En soirée, je ne tarde pas trop car je sens la fatigue. Je m'offre tout de même un sympathique repas dans la rue. J'ai remarqué des personnes attablées autour d'un réchaud à gaz sur lequel repose une grosse assiette en aluminium. Le pourtour contient une sorte de pot-au-feu, et le centre de l'assiette qui est relevé sert à griller de la viande ou le poisson...
J'ai produit une erreur s'est dans le transfert des photographies sur mon disque dur. Cette journée ne sera donc pas illustrée...

jeudi 1 mars 2012

+32 jours : Du Laos au Cambodge, un voyage usant et avec des pleurs...

Mardi 7 février
...j'ai pris mon ticket de voyage pour me rendre à SIAM REAP au CAMBODGE, auprès du propriétaire, fort sympathique, du guesthouse MR BOUN HOM BUNGALOWS. Je sais que le trajet, en journée, durera 12 heures environ. Je m'assure donc d'un peu plus de confort pour un prix en conséquence. Il me garantit de mon bon choix. A 0830, le propriétaire m'amène avec son LONG TRAIL BOAT sur la terre ferme. Un bus doit nous amener du LAOS jusqu'à la frontière. C'est la porte d'à côté. Premier incident, la boîte à vitesse reste bloquée à la deuxième vitesse. A cette allure, nous arrivons à destination mais avec beaucoup de retard. A la frontière laotienne tout le monde descend. Il faut payer trois US Dollar et sans quittance pour quitter le pays ; ça commence bien ! Un jeune s'énerve et ne veut pas payer. Finalement, il payera comme tout le monde ce pas de porte. Mais les surprises sont devant moi. Sur 15 mètres, je passe trois contrôles douaniers ; poste de santé de quarantaine..., pour l'obtention du visa (souriez vous êtes photographié... et c'est pareil dans tous les pays du sud-est asiatique) et pour la vérification du visa. On se croirait en période de guerre, les amis-es ! Et à chaque fois, je paye trois US Dollar (ils aiment les devises fortes, tout particulièrement les Dollars au LAOS et au CAMBODGE). Au troisième contrôle, j'élève poliment mais sévèrement la voix en me tournant ensuite vers le responsable du poste. Il me regarde et fait un signe à son collaborateur qui accepte mes 3 US Dollar au lieu des 5 qu'il exigeait. Ils se remplissent les poches sur le dos des touristes, bref ce n'est pas très sérieux mais cela montre qu'il faut éviter d'avoir un quelconque problème dans ces pays ! Vous n'avez strictement rien à dire. Il est vrai que j'aurais pu commander mon visa par Internet à 20 US Dollar, mais j'étais curieux de voir comment cela se passerait. Au bout du compte, je ne suis pas certain si dans le cas d'un visa commandé préalablement, je n'aurais tout de même pas dû payer quelques Dollars pour sa vérification ? Il y a trois bus cambodgiens qui attendent les touristes. Je dois monter dans celui qui est en plus mauvais état. Je me dis que mon ticket est pourri. Entre-temps, je fais l'expérience qu'avec un billet payé plus cher ou moins cher, ça reste une loterie ! C'est pareil en Thaïlande. Seuls les transports publics offrent un choix distinct et vérifiable. Cependant, ce sont les transporteurs privés qui détiennent ce marché lucratif. Avec un avantage, c'est qu'on vient vous chercher directement à votre lieu d'hébergement. Avis à ceux-celles qui voyageraient dans ces pays dans le futur. En montant dans le bus, je remarque qu'il n'y pas de climatisation ou elle ne fonctionne pas. Il fait déjà une chaleur torride, on va souffrir ! C'est un jeune chauffeur exubérant qui s'installe au volant. Il discute tout le temps avec ces acolytes, qui eux sont plutôt silencieux. La chaussée est en mauvais état et le « petit jeune » (c'est ainsi que je l'appelle) n'en tient pas toujours compte. Alors que nous roulons depuis 2 heures, le car s'arrête, il est en surchauffe. Je le vois à son tableau de bord, car assis juste derrière le « petit jeune ». En montant dans le bus, j'avais pris la sagesse de choisir cette place. Elle était encore libre et offrait un peu plus de vue et de place pour mes jambes. Une bonne partie des touristes sortent du véhicule tellement il fait chaud. Mais, ils ne tardent pas reprendre leur siège, dehors il fait encore plus chaud. Nous sommes en pleine nature et il n'y pas d'ombre. C'est la courroie qui a lâché. Un des mécaniciens sort un jeu de courroies usées et semble ne pas trouver la bonne. Ils sont trois à s'affairer dans le moteur. En fait, sur les longs trajets, le chauffeur n'est jamais seul. Il a ses aides. Alors que nous nous approchons d'un petit pont, lui aussi, en mauvais état, le chauffeur ne ralentit pas. Je ne m'étonne plus. Cependant, un amortisseur pneumatique n'a pas supporté la charge ! Heureusement, il doit s'arrêter à la hauteur d'une petite maison qui vend des boissons fraîches. Elle est pris d'assaut par les voyageurs. Nous repartons sachant que nous ne sommes pas au bout de nos peines. A un moment donné, une jeune femme demande à s'arrêter pour je ne sais quelle raison. Le chauffeur dit qu'il va s'arrêter bientôt ; ils disent toujours cela. Mais, par la force des choses, il sera contraint à l'arrêt. Devant nous, sur la route un gros caillou. Je me dis que le chauffeur va l'éviter. Il n'en est rien et passe par dessus. On entend un bruit de bas de caisse et le bus doit s'arrêter. La jeune femme est en pleurs, elle n'en peut plus de ce voyage et d'autres me semblent apathiques. Je me dis philosophiquement que tout à une fin... mais je suis aussi fatigué. Heureusement, j'ai compensé la chaleur en buvant beaucoup. Pour le voyage, je prends toujours assez d'eau en réserve (surtout pas des boissons sucrées). Les trois compères sont à nouveau couchés sous le bus. Ça parle, ça tape du marteau, de multiples outils sont utilisés qui retombent sur le sol. On se croirait dans un atelier à ciel ouvert. Heureusement que les trois sont des doués de mécanique, ce qui nous permet de repartir. Nous arrivons à 0130, du matin, à SIAM REAP. Nous aurons voyagé 17 heures dans des conditions à la limite du supportable. Non seulement par la température qui dépassait les 30°C, mais par l'état du véhicule et des routes, sans oublier ce « petit jeune », un bien piètre chauffeur. Sur les trois pannes, il aurait pu en éviter deux et il aurait pu rendre plus agréable le voyage avec quelques arrêts indispensables au confort minimal des passagers. Nous sommes sains et saufs, c'est l'essentiel !...
Les photographies suivront...

lundi 27 février 2012

+31 jours : Des premiers rayons du soleil aux clandestins qui passent au Cambodge...

Lundi 6 février
...je suis arrivé à la moitié de mon voyage de 60 jours. Les jours passent et j'ai le sentiment, quand je discute avec d'autres routards, que deux mois c'est court pour visiter le sud-est asiatique. Certains sont en route pour une année, mais bon nombre d'entre eux entre 3-6 mois. Je me réveille une première fois vers 0600. Je vois que le jour se lève. Un peu plus tard, je n'ai qu'à m’asseoir dans mon lit pour me laisser éclairer des premiers rayons du soleil et être assourdi par le bruit des cigales ou grillons ! C'est comme dans un monde pictural... C'est une journée de kayak qui m'attend et me permettra de découvrir véritablement le dédale de quelques bras et îlots du MÉKONG. Notre groupe, accompagné de deux guides, comprend entre 15-20 personnes. Il fait déjà chaud et la journée va être physique. Chacun reçoit sa première bouteille d'eau. Nous longeons la rive et il n'y presque pas de courant. Il faut pagayer. Je passe devant mon bungalow et en découvre d'autres qui ont chacun un leur propre charme. Nous sortons les kayaks de l'eau, à la hauteur d'un temple, car un peu plus loin, il y a des chutes. La visite du temple se complète avec les explications du guide sur les fresques racontant le parcours spirituel (étapes importantes) de bouddha. A noter que de nombreux temples présentent artistiquement - chacun à leur façon - ce parcours sur les quatre murs du dernier carré central comprenant le temple, nous nous prenons un peu de temps vers la chute en cascades, où se concentrent divers vendeurs de souvenirs, de boissons et fruits (un peu comme partout...). J'en profite pour me rafraîchir avec le jus d'une noix de coco et sa délicate chair. Nos embarcations sont remises à l'eau et poursuivons notre excursion. Dans ce cadre naturel, la plénitude du lieu offert par le paisible MÉKONG nous rend bien minuscules. Cela ne doit pas toujours être le cas. Les traces de la puissance dévastatrice du MÉKONG, générée lors de la saison des pluies, sont bien visibles car tous les arbres sont courbés à 45° et plus. A cette période, le niveau doit être entre 1.5 - 2 mètres plus haut. Imaginez le volume d'eau ! Le soleil tape et n'y a pas un souffle de vent. Je suis en transpiration. Le propriétaire du bungalow m'avait prévenu de la chaleur. Au loin, nous détectons les dauphins d'eau douce d'Irrawady par leur aileron. Il faudrait un téléobjectif pour prendre une photographie. Nous nous arrêtons pour le lunch sur une petite presqu'île. Le guide nous avertit que nous sommes sur territoire cambodgien. Peu de temps après, un LONG TRAIL BOAT arrive avec de prétendus douaniers. L'un d'entre eux porte une sorte de veste militaire kaki qui peut être acheté sur l'importe quel marché SECOND HAND. Quand il débarque, il nous gratifie d'un sympathique salut. Il va discuter avec le guide, qui m'avait expliqué devoir payer un « petit montant » pour notre visite cambodgienne clandestine. De nombreuses personnes se baignent. L'eau ne pose pas de problème du moment qu'elle n'est pas stagnante. Nous avons encore un bon bout à pagayer et le rythme de croisière s'est ralenti. La vision du MÉKONG, très large à cet endroit, reste toujours aussi impressionnante. Je remarque de visu et à la réaction du kayak qu'il y a des petits tourbillons et différents courants qui s'entrecroisent. Aucun risque, nous sommes tous équipés de gilet de sauvetage. Les kayaks sont ressortis de l'eau et chargés dans une camionnette où nous prenons également place. C'est serré comme dans une bétaillère. Avant de partir, je m'approche d'un stand avec des paniers à linge remplis de sardines. Est-ce peut-être celles que j'ai vu sécher hier au soleil ? D'autres ont été emballées dans des sortes de boîtes en bambou. Nous quittons les lieux. Secoués de toutes parts par le chemin dit carrossable, nous arrivons à KHONE PHA PHENG. Il s'agit des plus larges chutes et cascades d'Asie du sud-est ; 15 m large et un kilomètres de long. Très impressionnantes, malgré que le débit est faible à cette saison ! Au retour, je m'attarde aux stands des villageois locaux où l'on découvre toujours d'autres choses particulières. Devant moi un énorme tas de grenouilles séchées. J'ai dû regarder à deux fois. Apparemment, tout se mange ! Nos « fusées aquatiques » sont remises à l'eau pour une dernière traversée du MÉKONG. La largeur est telle que l'on ne distingue pas où sont les berges. A premier abord, on croit être en présence d'un lac et non d'un fleuve. Nous prenons la direction est. Le coucher de soleil nous fait face et on voit les pêcheurs s'activer. Je m'approche d'une embarcation qui remonte un filet. Ils me font un grand sourire et me montrent leurs captures... Il me reste à rejoindre à pied mon bungalow, qui, pour rappelle, se trouve à 20 minutes avec mes grands pas. Je vais bien dormir cette nuit...
   
 
 
 
 


 

 
 

dimanche 26 février 2012

+30 jours : Les dauphins d'eau douce d'Irrawady / Termitenator...

Dimanche 5 février
...je suis rassuré, le propriétaire de la maison d'hôtes a retrouvé son cycle. Je reprends le même pour visiter les îles charmantes et dépaysantes de DON DET et DON KHÔNE, qui est la plus grande des deux. Elles ont joué un rôle important pour la navigation sur le MÉKONG au temps du protectorat français. En effet, pour contourner les écueils et autres rapides infranchissables, on avait construit une ligne de chemin de fer de 14 kilomètres de long entre ces deux îles, et aménagé un poste douanier et un bureau télégraphique sur l'îlede KHÔNE. Il ne reste pas grand chose de ce glorieux passé, sinon quelques villas coloniales en assez mauvais état et un curieux pont de chemin de fer permettant de passer d'une île à l'autre. Je longue la rive par le petit sentier idyllique. De part et d'autres des maisons sur pilotis, dont un bon nombre de maisons d'hôtes, ce qui n'enlève rien au charme de l'endroit. J'arrive au fameux pont du train construit. En principe, il n'y pas de trafic de voitures de tourisme. Seules des camionnettes ouvertes aménagées avec des banquettes pour le transport de touristes est autorisé entre les deux îles. De jadis, ce qui est resté, c'est une sorte de droit de passage pour passer de l'autre côté ! Une sentinelle dans un cabanon distribue les tickets. Juste après le pont, un emplacement où l'histoire de ce petit chemin de fer est racontée. La ligne mesurait 14 kilomètres et a été exploitée entre la fin des années 1920 jusqu'en 1945. Sous un soleil de plomb, j'arrive tout au nord de l'île. A cet endroit, le MÉKONG est élargie en forme de baie sauvage. De l'autre côté le CAMBODGE. On ne sait pas vraiment quelle direction prend le fleuve. Le fond de cette baie abrite les rares dauphins d'eau douce d'Irrawady. J'attendrai 1600 avant de prendre un LONG TRAIL BOAT pour espérer les voir sortir de l'eau quand ils reprennent leur respiration, ce qui m'a été suggéré. Un moment donné, le batelier arrête son moteur. Il continue de faire une chaleur, tous mes habits me collent à la peau. Soudain, il me signe de la main que les dauphins sont là à 300 mètres. Je ne vois pas grand chose par contre on entend bien lorsque les dauphins expirent bruyamment par l'orifice qu'ils ont sur la tête. Après quelques minutes, ils remontent à la surface à un autre endroit. J'ai l'impression qu'ils tournent dans la baie. Le moment est magique, nous sommes seuls avec eux dans leur habitat. J'aurais espérer les voir de plus prêts pour bien voir leur nageoire dorsale. Je reprends ma bicyclette et prends un sentier qui traverse un village isolé. Puis, je longe une rivière en méandre. Je m'arrête et remarque un pêcheur accompagné d'un adolescent dans la rivière. Il tient un filet à la main qu'il lance en éventail. A chaque fois, il attrape un poisson. Je vais de découverte en découverte. Je décide de suivre un panneau qui me conduit à un cours d'eau avec de petites chutes. Il y a un pont suspendu et peu stable. Je sens une forte odeur de poisson. C'est en regardant plus longuement le cours d'eau que je vois des milliers de petites sardines dispersées pour le séchage sur de grandes pierres au bord de l'eau. Ce que je pensais être des détritus dans le lit de la rivière, sont en fait des pièges à poisson. Dans le cours d'eau, entre les pierres, les pêcheurs ont construit de manière ingénieuse des petites rampes où s'écoule l'eau. Le poisson pris par la force du courant passent par ces rampes qui finissent dans des petits filets (il existe encore de plus grands pièges, voir photographie du piège dans la rivière asséchée) ! Je suis convaincu de la qualité des sardines quand je vois un pêcheur en ramasser une sur une pierre pour la manger. En quittant l'endroit, où il y a un cabanon pour se rafraîchir, deux gosses me suivent en courant. Le plus malicieux d'entre eux s'installe sur le porte-bagages sans se gêner. Je souris et le deuxième continue à trotter derrière nous jusqu'à l'entrée d'un village au bord du MÉKONG. On se quitte en se faisant des grands adieux... C'est l'heure du coucher de soleil qui dore le village de ses derniers rayons. Le reste du sentier suit la rive du MÉKONG où vivent de nombreux habitants puis suivent les maisons d'hôtes qui dans l'ensemble s’intègrent bien dans la cadre. Le problème s'est la surabondance comme dans beaucoup d'endroits touristiques. Aujourd'hui, je dois avoir fait plus de 30 kilomètres avec un vélo taille basse... A côté de mon bungalow, les buffles se rafraîchissent. Mais, je ne suis pas encore au bout de mes surprises. Je mange avec mes voisins, un sympathique couple des îles britanniques. Au retour, MARK et ANKE découvre que la terrasse a été pris d'assaut par des colonnes de termites. Ils s'en sont pris à une vieille table en bois. C'est impressionnant ! Le propriétaire arrive avec des petites de brindilles sèches assemblées. Patiemment, « TERMITENATOR » extermine au feu les termites. Après 15 minutes, le problème est résolu. Heureusement que le bungalow en teck autorise une éradication au feu. Impossible avec nos chalet construit en sapin...
D'autres photographies suivront
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mercredi 8 février 2012

+29 jours : La chaise de jardin / Invité de la grenouille...

Samedi 4 février

...je n'ai pas vraiment dormi dans le bus, en raison des secousses dues à l'état de la route, qui m'ont réveillé quelques fois où est-ce parce que je m'inquiétais pour mon bagage en soute. Il arrive que ceux-ci disparaissent, sur le parcours, lors de nombreux arrêts. Il me reste à m'en remettre à LUI. Malgré une nuit agitée, je me sens tout de même reposé. Nous arrivons à PAKSÉ à l'heure ayant profité d'un lever de soleil depuis la couchette. Le temps de monter dans un tout petit bus, nous sommes repartis en direction des « 4000 ÎLES ». A un moment donné, le chauffeur reçoit un appel sur son mobile et il s'arrête sur le bas côté de la route. On croit comprendre qu'il manque un client. C'est l'attente. Après 20 minutes, une femme est déchargée avec son bagage et prend place dans notre bus. Cependant, il manque un siège. Le chauffeur recompte les passagers et réfléchit. Il ressort du véhicule pour aller chercher au petit magasin, une chaise de jardin plastifiée qu'il veut placer dans l'allée centrale du bus. C'est les gros rires ! Un jeune refuse la chaise et dit qu'il restera debout durant le voyage... J'ai choisi l' ÎLE DE DET comme point de départ pour y rester deux à trois jours. A 1100, terminus à BAN NAKASSANG, sur le rive du MÉKONG. Le ferry, une pirogue de grandeur moyenne, nous amènera sur une des îles. Là aussi, nous ne recevons aucune instruction de notre chauffeur de bus, si ce n'est un geste en direction des nombreuses pirogues amarrées. C'est au guichet qu'on nous délivre un autre ticket pour la traversée. Finalement, tout est bien organisé, mais il faut faire preuve d'un peu de débrouillardise. Vivement d'arriver au guesthouse MR BOUN HOM BUNGALOWS, que j'avais réservé depuis VIENTIANE par mon no de téléphone mobile laotien. Je suis parti d'une ville animée, sous la pluie, et je me retrouve en pleine nature, sous un beau ciel bleu et une chaleur tropicale. Je ne vais pas me plaindre, car je n'ai pas toujours eu très chaud lors de mon périple au nord de la Thaïlande. Avec mon lourd bagage, je prends le sentier qui longe l'île. Il me faudra plus 30 minutes pour arriver au bungalow. J'ai hésité à m'arrêter avant et de choisir une autre guesthouse. Mais vu la description des lieux du bungalow prévu, je décide d'aller jusqu'au bout, quitte à faire le tour de l'île ! Ma persévérance me récompensera. Plus, je m'éloignais du port de l'île et plus l'endroit devenait ravissant. Installé dans le bungalow - sise au pied d'un méandre du MÉKONG - sur la petite terrasse équipée d'un hamac, je vois des buffles se baigner et s'immerger jusqu'à ne laisser apparaître que les yeux et leur museau. Ils cherchent un peu de fraîcheur, tout comme moi. Après m'être installé et avoir pris une bonne douche, je m'étends sur mon lit pour une grosse sieste, sous l'air du ventilateur... C'est la fin de la journée et loue un cycle au guesthouse où je suis établi. Je prends la direction du port de l'île où je me désaltère sur une terrasse face à l'ouest en attendant le coucher de soleil. Le moment est paisible et la vie se met au ralentie avant la tombée de la nuit. En contre-bas, des hommes se prennent le temps de faire leur lessive et pêchent en même temps... Ce soir, je ne ferai pas long car je ressens la fatigue du voyage... Le bike que j'ai loué a disparu. Il n'est plus devant le restaurant. Je regagne mon bungalow à pied sous le bruit de coassements de grenouilles. Aux toilettes, je ressens une chose bizarre me grimper le long du mollet... C'est une grenouille de couleur jaune pâle. Je sursaute et suis plus surpris par cette bestiole ! Elle ne semble pas du tout effrayée et s'installe dans un coin, comme pour dire : "J'étais là avant toi !!!...

+28 jours : L'Arc de Triomphe sous la pluie...

Vendredi 3 février 
...après le long voyage de la veille et l'estomac un peu détraqué, la nuit a été bénéfique et m'a permis de récupérer. Je ne suis pas pressé de me lever, il pleut sur la capitale VIENTIANE (qui signifierait « ville du santal » ou « ville de la lune », car le MÉKONG réalise ici un méandre qui rappelle un peu la forme d'un croissant de lune). Je ne compte pas rester plus d'un seul jour ici et ma première tâche est de savoir par quel moyen je pourrai me rendre à PAKSÉ, plus au sud. Dans un premier temps, j'envisage de prendre l'avion pour gagner du temps. Apparemment, il n'y aurait plus de place. De l'autre, je réalise qu'il serait possible de me rendre directement dans la région des « 4000 mille Îles » à la frontière du LAOS et du CAMBODGE, ceci avec un « SLEEPING BUS ». L'avantage serait de partir déjà ce soir, à 1900 et d'arriver le lendemain vers 1100, tout en gagnant un jour sur mon programme déjà chamboulé ! Je n'hésite pas. De plus, on viendra me chercher au guesthouse. Le prix reste dérisoire pour traverser plus de la moitié du LAOS. Il pleut averse par intermittence, mais je décide tout de même de louer un cycle qui me permettra d'avoir un aperçu de la ville. Je vais dîner et au moment de partir, la pluie a redoublé. Je m'installe et c'est vers 1400 que j'enfourche mon byke. Je commence à me rendre sur l'esplanade du MÉKONG où il y a une énorme statue de bronze d'un illustre Laotien (le quai se nomme FA NGUM, éventuellement s'agit-il de son nom ? Sous Wikipédia, j'ai la réponse : Somdetch Brhat-Anya Fa Ladhuraniya Sri Sadhana Kanayudha Maharaja Brhat Rajadharana Sri Chudhana Negara, plus connu sous le nom de Fa Ngum (Muang Sua, 1316 - Muong-Nan, 1374), est considéré comme le fondateur du royaume lao du Lan Xang (million d'éléphants) en 1354), ceci pas très loin du centre où je me suis établi. Les touristes laotiens (?) semblent vouloir tous être pris en portrait avec le personnage. J'arrive au modeste Palais présidentiel bien gardé. De l'autre côté de la route, un important temple,le WAT SISAKET (le cheveu sur la tête). Il venait d'être construit par le roi ANOUVONG en 1818, lorsque les SIAMOIS (Thaïlandais) déferlèrent sur VIENTIANE. Ils l'épargnèrent car il était construit dans le style siamois ! La principale caractéristique de ce temple est de posséder plusieurs milliers de statuettes du bouddha qui sont disposées, généralement deux par deux, dans des niches creusées dans l'enceinte du cloître. Je croise un jeune bonze qui parle l'anglais bien moins que moi, c'est peu dire... J'arrive à comprendre qu'il vient de SARAVANE, un peu au nord de PAKSÉ, et qu'il est là pour deux ans comme beaucoup d'autres jeunes. Je continue ma visite et reste coincé à cet endroit un bon moment. C'est la pluie qui m'en empêche. Du Palais présidentiel -et qui longe le temple - part une large avenue du style des Champs Elysées que je remonte. Elle rejoint PATUXAI, un curieux arc de triomphe, construit à l'image de la place de l'Étoile à Paris, mais dont la décoration est inspirée de la mythologie laotienne ! Ce monument commémoratif en l'honneur des morts des différentes guerres est entouré de palmiers et d'une magnifique fontaine circulaire. Il serait possible de monter sur la terrasse comme sur l'Arc de Triomphe parisien, mais la porte est close en fin de journée. De cet endroit, je vois également un imposant bâtiment ministériel (en toute probabilité). Il est temps de restituer ma bicyclette et passe par hasard dans une ruelle où se trouve l'Ambassade étasunienne. Comme partout dans le monde, l'enceinte est renforcée et des vigiles armés en assurent la protection. Je m'offre un thé dans un café français ! Qu'il est agréable d'entendre parler sa langue. J'ai encore un peu de temps, et il me reste à souper avant de quitter VIENTIANE. A 1915, je suis pris en charge avec d'autres touristes et sont sommes amenés à la centrale des bus. C'est une vrai fourmilière, une cohue : des bus, des véhicules, des touktouk sans oublier tous ces touristes avec leurs bagages, qui s'entassent. Je dois passer auprès de deux bus avant de trouver celui qui m'est réservé. Ma première surprise est de constater que le bus est équipé de vrai litières doubles sur deux étages (comme dans un train), avec des draps et couvertures. Le lit est un peu court pour moi. Vers 2000, le bus démarre dans la nuit et l'extinction des feux se fait en même temps. Je discute un moment avec ma voisine, une Française de Nouvelle-Calédonie, avant de tenter de dormir...