Lundi
6 février
...je
suis arrivé à la moitié de mon voyage de 60 jours. Les jours
passent et j'ai le sentiment, quand je discute avec d'autres
routards, que deux mois c'est court pour visiter le sud-est
asiatique. Certains sont en route pour une
année, mais bon nombre
d'entre eux entre 3-6 mois. Je me réveille une première fois vers
0600. Je vois que le jour se lève. Un peu plus tard, je n'ai qu'à
m’asseoir dans mon lit pour me laisser éclairer des premiers
rayons du soleil et être assourdi par le bruit des cigales ou
grillons ! C'est comme dans un monde pictural... C'est une journée
de kayak qui m'attend et me permettra de découvrir véritablement le
dédale de quelques bras et îlots du MÉKONG. Notre groupe,
accompagné de deux guides, comprend entre 15-20 personnes. Il
fait
déjà chaud et la journée va être physique. Chacun reçoit sa
première bouteille d'eau. Nous longeons la rive et il n'y presque
pas de courant. Il faut pagayer. Je passe devant mon bungalow et en
découvre d'autres qui ont chacun un leur propre charme. Nous sortons
les kayaks de l'eau, à la hauteur d'un temple, car un peu plus loin,
il y a des chutes. La visite du temple se complète avec les
explications du guide sur les fresques racontant
le parcours spirituel (étapes importantes) de bouddha. A noter que
de nombreux temples
présentent artistiquement - chacun à leur façon
- ce parcours sur les quatre murs du dernier carré central
comprenant le temple, nous nous prenons un peu de temps vers la chute
en cascades, où se concentrent divers vendeurs de souvenirs, de
boissons et fruits (un peu comme partout...). J'en profite pour me
rafraîchir avec le jus d'une noix de coco et sa délicate chair. Nos
embarcations sont remises à l'eau et poursuivons notre excursion.
Dans ce cadre naturel, la plénitude du lieu offert par le paisible
MÉKONG nous
rend bien minuscules. Cela ne doit pas toujours être le
cas. Les traces de la puissance dévastatrice du MÉKONG, générée
lors de la saison des pluies, sont bien visibles car tous les arbres
sont courbés à 45° et plus. A cette période, le niveau doit être
entre 1.5 - 2 mètres plus haut. Imaginez le volume d'eau ! Le
soleil tape et n'y a pas un souffle de vent. Je suis en
transpiration. Le propriétaire du bungalow m'avait prévenu de la
chaleur. Au loin, nous détectons les dauphins d'eau douce d'Irrawady par leur aileron. Il faudrait un téléobjectif pour prendre une photographie. Nous nous arrêtons pour le lunch sur une petite presqu'île.
Le guide nous avertit que
nous sommes sur territoire cambodgien. Peu
de temps après, un LONG TRAIL BOAT arrive avec de prétendus
douaniers. L'un d'entre eux porte une sorte de
veste militaire kaki
qui peut être acheté sur l'importe quel marché SECOND HAND. Quand
il débarque, il nous gratifie d'un sympathique salut. Il va
discuter
avec le guide, qui m'avait expliqué devoir payer un « petit
montant »
pour notre visite cambodgienne clandestine. De
nombreuses personnes se baignent. L'eau ne pose pas de problème du
moment qu'elle n'est pas stagnante. Nous avons encore un bon bout à
pagayer et le rythme de croisière s'est ralenti. La vision du
MÉKONG, très large à cet endroit, reste toujours aussi
impressionnante. Je remarque de visu et à la réaction du kayak
qu'il y a des petits tourbillons et différents courants qui
s'entrecroisent. Aucun risque, nous sommes tous équipés de gilet de
sauvetage. Les kayaks sont ressortis de l'eau et chargés dans une
camionnette où nous prenons également place. C'est serré comme
dans une bétaillère. Avant de partir, je m'approche d'un stand avec
des paniers à linge remplis de sardines. Est-ce peut-être celles
que j'ai vu sécher hier au soleil ? D'autres ont été
emballées dans des sortes de boîtes en
bambou. Nous quittons les
lieux. Secoués de toutes parts par le chemin dit carrossable, nous
arrivons à KHONE PHA PHENG. Il s'agit des plus larges chutes et
cascades d'Asie du sud-est ; 15 m large et un kilomètres de
long. Très impressionnantes, malgré que le débit est faible à
cette saison ! Au retour, je m'attarde aux stands des villageois
locaux où l'on découvre toujours d'autres choses particulières.
Devant moi un énorme tas de grenouilles séchées. J'ai dû regarder
à deux fois. Apparemment, tout se mange ! Nos « fusées
aquatiques » sont remises à l'eau pour une dernière
traversée
du MÉKONG. La largeur est telle que l'on ne distingue pas où sont
les berges. A premier abord, on croit être en présence d'un lac et
non d'un fleuve. Nous prenons la direction est. Le coucher de soleil
nous fait face et on voit les pêcheurs s'activer. Je m'approche
d'une embarcation qui remonte un filet. Ils me font un grand sourire
et me montrent leurs captures... Il me reste à rejoindre à pied mon
bungalow, qui, pour rappelle, se trouve à 20 minutes avec mes grands
pas. Je vais bien dormir cette nuit...
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