Vendredi 3 février
...après le long voyage de la veille et l'estomac un peu détraqué, la nuit a été bénéfique et m'a permis de récupérer. Je ne suis pas pressé de me lever, il pleut sur la capitale VIENTIANE (qui signifierait « ville du santal » ou « ville de la lune », car le MÉKONG réalise ici un méandre
qui rappelle un peu la forme d'un croissant de lune). Je ne compte pas rester plus d'un seul jour ici et ma première tâche est de savoir par quel moyen je pourrai me rendre à PAKSÉ, plus au sud. Dans un premier temps, j'envisage de prendre l'avion pour gagner du temps. Apparemment, il n'y aurait plus de place. De l'autre, je réalise qu'il serait possible de me rendre directement dans la région des « 4000 mille Îles » à la frontière du LAOS et du CAMBODGE, ceci avec un « SLEEPING BUS ». L'avantage serait de partir déjà ce soir, à 1900 et d'arriver le lendemain vers 1100, tout en gagnant un jour sur mon programme déjà chamboulé ! Je n'hésite pas. De plus, on viendra me chercher au guesthouse. Le prix reste dérisoire pour traverser plus de la moitié du LAOS. Il pleut averse par intermittence, mais je décide tout de même de louer un cycle qui me permettra d'avoir un aperçu de la ville. Je vais dîner et au moment de partir, la pluie a redoublé. Je m'installe et c'est vers 1400 que j'enfourche mon byke. Je commence à me rendre sur l'esplanade du MÉKONG
où il y a une énorme statue de bronze d'un illustre Laotien (le quai se nomme FA NGUM,
éventuellement s'agit-il de son nom ? Sous Wikipédia, j'ai la réponse : Somdetch Brhat-Anya Fa Ladhuraniya Sri Sadhana Kanayudha Maharaja Brhat Rajadharana Sri Chudhana Negara, plus connu sous le nom de Fa Ngum (Muang Sua, 1316 - Muong-Nan, 1374), est considéré comme le fondateur du royaume lao du Lan Xang (million d'éléphants) en 1354), ceci pas très loin du centre où je me suis établi. Les touristes laotiens (?) semblent vouloir tous être pris en portrait avec le personnage. J'arrive au modeste Palais présidentiel bien gardé. De l'autre côté de la route, un important temple,le WAT SISAKET (le cheveu sur la tête). 
Il venait d'être construit par le roi ANOUVONG en 1818, lorsque les SIAMOIS (Thaïlandais) déferlèrent sur VIENTIANE. Ils l'épargnèrent car il était construit dans le style siamois ! La principale caractéristique de ce temple est de posséder plusieurs milliers de statuettes du bouddha qui sont disposées, généralement deux par deux, dans des niches creusées dans l'enceinte du cloître. Je croise un jeune bonze qui parle l'anglais bien moins que moi, c'est peu dire... J'arrive à comprendre qu'il vient de SARAVANE, un peu au nord de PAKSÉ, et qu'il est là pour deux ans comme beaucoup d'autres jeunes. Je continue ma visite et reste coincé à cet endroit un bon moment.
C'est la pluie qui m'en empêche. Du Palais présidentiel -et qui longe le temple - part une large avenue du style des Champs Elysées que je remonte. Elle rejoint PATUXAI, un curieux arc de triomphe, construit à l'image de la place de l'Étoile à Paris, mais dont la décoration est inspirée de la mythologie laotienne ! Ce monument commémoratif en l'honneur des morts des différentes guerres est entouré de palmiers et d'une magnifique fontaine circulaire. Il serait possible de monter sur la terrasse comme sur l'Arc de Triomphe parisien, mais la porte est close en fin de journée. De cet endroit, je vois également un imposant bâtiment ministériel (en toute probabilité). Il est temps de restituer ma bicyclette et passe par hasard dans une ruelle où se trouve l'Ambassade étasunienne.
Comme partout dans le monde, l'enceinte est renforcée et des vigiles armés en assurent la protection. Je m'offre un thé dans un café français ! Qu'il est agréable d'entendre parler sa langue. J'ai encore un peu de temps, et il me reste à souper avant de quitter VIENTIANE. A 1915, je suis pris en charge avec d'autres touristes et sont sommes amenés à la centrale des bus. C'est une vrai fourmilière, une cohue : des bus, des véhicules, des touktouk sans oublier tous ces touristes avec leurs bagages, qui s'entassent.
Je dois passer auprès de deux bus avant de trouver celui qui m'est réservé.
Ma première surprise est de constater que le bus est équipé de vrai litières doubles sur deux étages (comme dans un train), avec des draps et couvertures.
Le lit est un peu court pour moi. Vers 2000, le bus démarre dans la nuit et l'extinction des feux se fait en même temps. Je discute un moment avec ma voisine, une Française de Nouvelle-Calédonie, avant de tenter de dormir...
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