Jeudi
2 février
...le bus quotidien LUANG PRABANG –
VIENTINE, la capitale, parcourt entre 300-400 km et le trajet dure un
peu plus de 11 heures. Avant d'arriver à la station du bus
périphérique que je rejoins avec un touktouk – il est 0600 – je
vois des tous jeunes bonzes au bord de la route
qui quémandent leur déjeuner avec leur petit panier. A relever
que c'est une attraction locale et commerciale qui n'est apparemment
pas du tout appréciée d'eux, car des agences organisent des sorties
touristiques à l'heure du lever du soleil. Les touristes achètent
du riz qu'ils remettront aux moines bouddhistes tout en se faisant
photographier. Je vous laisse juger vous-même du ridicule et du peu
de respect de la vie de ses moines bouddhistes.
A 0700, départ de la station du bus, sise en périphérie et il est prévu d'arriver après 1800.
C'est long mais cela permet de découvrir non
seulement le pays et les personnes qui vivent généralement le long
des axes routiers.
Les deux tiers du parcours sinueux s'effectuent à
travers un massif montagneux, entre montées et descentes, à une
altitude entre 1000 et 1500 mètres. Dès le départ, les fameux
sachets cellophanes sont distribués aux passagers. Le jour se lève
et il y a de la brume. Nous traversons les villages avec les klaxons
du chauffeur qui prévient autant les habitants qui s'affairent et
les nombreux motocycles. Il y a beaucoup d'écoliers. Les maisons
sont traditionnellement faites sur pilotis et de lamelles de bambou
croisées. Dans un autre petit village, je vois un vannier ou des
enfants qui jouent avec une balle de lamelles de bambou. Les
montagnes recouvertes de la jungle sont particulières ; les
sommets qui se dressent à pic sont arrondis.
La route est souvent en
mauvais état et les premiers passagers utilisent leur cornets de
cellophane. Heureusement que je n'ai pratiquement rien mangé et rien
bu ce matin. D'ailleurs, je n'ai plus d'appétit ! Je ne sais si
c'est la route ou ma voisine qui n'arrête pas de vomir qui en est la
cause. A titre préventif, durant toute la journée, je ne mangerai
rien sauf à un arrêt, en-haut d'un haut d'un col, où j'achète un cornet
d'ananas frais. Je remarque que les nombreuses forêts de tek sont
exploitées à grande échelle (comme chez nous les forêts de
conifères) et ne sais pas si les arbres sont replantés. Je n'avais
pas réaliser que les teks étaient ces arbres avec d'énormes
feuilles dont j'ai déjà mentionnés dans un précédent message.
Dans un village, je découvre une importante scierie avec des tas de
bois de tek. Dans la région de VAN VIENG, le panneau local est écrit
en lao et en chinois. Pourtant, cette ville est située presque au
centre du LAOS, respectivement la frontière commune avec la CHINE
est tout au nord. Mais, déjà à LUANG PRABANG, j'avais constaté
que le règlement dans les guesthouse était entre autres en chinois.
Il y a beaucoup de touristes chinois au LAOS. Entre montagnes et la
plaine, nous traversons une région où les routes sont exécrables.
Dans les villages, les routes ne sont souvent pas bitumées et
roulons sur une terre presque de couleur « vieux rose ».
Il y a tellement de poussière partout que la route, les maisons et
les arbres sont de même couleur.
Le chauffeur est prudent mais quand
je me dis qu'il va rouler presque 12 heures d'affiler, ce qui serait
impensable en Europe. En effet, les prescriptions sont très strictes
sur le temps de conduite et de repos obligatoire sur une journée. A
un des nombreux arrêts des femmes montent dans le bus et vendent de
quoi manger. Une d'entre elles propose quatre oeufs durs qu'elle a
plantés à travers une tige de bois. Il est 1645, lorsque nous
arrivons en plaine, mais la route n'est pas en meilleur état. Des
rizières asséchées réapparaissent, mais ils y en a d'autres dans
des grands champs, belles vertes, qui poussent. Il y a longtemps que
je n'avais plus vu de drapeau communiste russe, qui est fièrement
arboré sur le devant d'une maison.
Le voyage a révélé un peu de
la vie des Laotiens-nnes, et c'est ce que je souhaitais, mais il
était éprouvant. A 1830, nous arrivons dans la capitale VIENTIANE.
Pour arriver au centre, il faudra encore prendre un touktouk. Après
avoir passé dans quelques maisons d'hôtes qui sont « FULL »,
je trouve une chambre dans le guesthouse SAYSOULY dont le bâtiment
est peu accueillant, mais à cette heure il ne faut pas s'attendre à
mieux. Je n'ai même pas de toilettes dans la chambre. Je mange avec
KLAUS, un sympathique Allemand.
Nous commandons chacun deux plats,
n'ayant pas mangé de la journée. Lui aussi a préféré ne rien
avaler durant le fameux trajet...
Malheureusement, je n'ai pas beaucoup de photographies de ce voyage exclusivement en bus...
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