Mercedi
25 janvier 2012
...le
guide « PAOAROON » est ponctuel. Il est 0900. Pour le
décrire, il me fait penser à un boxeur ou body-guard de petite
taille. Il est a une certaine autorité et assurance qui sont
indispensables comme organisateur de trek TAT, avec un sourire
sympathique et des lunettes de soleil, de la marque « POLICE ».
J'apprendrai de lui qu'il fait de la boxe thaï et qu'il a été un
sergent professionnel dans la police militaire à Bangkok, pendant
cinq ans. Il a un short, des petits souliers de loisirs et la
traditionnelle machette qu'il garde constamment à la main, rangé
dans un étui. Nous passons au marché pour de l'eau et de la
nourriture. Je lui ai demandé pour du « Sticky Rice ».
Il me propose des « Bambou-Sticky Rice ». Le riz gluant
est imprégné de lait de noix de coco et tassé dans le creux du
bambou d'une longueur de 30 cm et d'un diamètre 5-8 cm, puis
bouchonné avec une sorte de paille fine naturelle. Il ajoute que
c'est très nourrissant tout en étant léger. A 0950, nous partons à
travers les rizières séchées. La récolte est passée dans cette
région et ce sont les bœufs qui profitent de l'herbe qui poussent.
Il reste quelques rizières gorgées d'eau. Il est vrai que les
terrains de cette région du nord, son exploités partout. Il me dit
que l'économie maraîchère et fruitière est des plus prospère et
s'exporte. Nous traversons un verger d'arbres de litchies, sans fruit
en cette saison, avec des feuilles vertes de taille moyenne. Nous
côtoyons plusieurs étables faites de bois et de paille. Il est
intéressant de constater que les portails pour les enclos ont les
passages sont en partie faits avec du bambou. Des trous sont coupés
dans le tronc pour faire traverser perpendiculairement des tiges de
bambou. Nous nous arrêtons vers un arbre qui portent de gros fruits
bruns allongés. Il me dit d'essayer d'en faire tomber un avec ma
tige de bambou. Quand, je la décortique une éponge apparaît. Il me
dit que c'est l'éponge thaï qui peut être servie plusieurs fois.
Nous sommes en limite des terres exploitables et de la jungle
forestière. Il y a bien un sentier qui semble monter, mais le guide
d'un pas assuré avance et doit souvent faire usage de sa machette ;
la végétation est partout. Il s'accroche souvent à des ronces.
Nous remontons un ruisseau. Nous faisons une halte vers un petit
foyer. Le guide me dit que cela doit être des paysans isolés qui –
tout en souriant - ont peut-être grillé du serpent. Il me dit que
cela arrive. Je lui demande s'il en a déjà mangé ? Il me répond
que non, mais que s'il n'y avait rien d'autre... La jungle est
fascinante avec les cris des oiseaux, Nous passons une sorte de petit
col qui accède à une clairière herbeuse sur laquelle jonchent
quelques os blanchis de 2-3 boeufs. La place me fait penser à un
mouroir pour bétail. Nous nous arrêtons vers un abri d'un paysan
isolé, en lisière de la jungle. Nous sortons nos « Banana Sticky
Rice ». Nous les ouvrons et les mangeons un peu comme une
banane. Le riz gluant se présente en forme de tube que nous
partageons par bouts. C'est
un régal avec un léger goût de sucré. Nous repartons, il fait
très chaud et il y a peu d'air en plein midi. Le guide m'avait
averti le jour d'avant. Dans la descente, le guide glisse plusieurs
fois avec ses souliers sans profil. Je n'ai pas trop l'air ridicule
avec mes gros souliers de marche qui me permet d'avoir le pied sûr.
Devant nous un village « LAHU », qui sont des animistes
(culte d'une divinité qui leur est propre), mais il y a aussi des
Chrétiens, venus du Tibet. A
l'entrée du village ont entend des voix de femmes. Un peu plus loin,
je vois ces femmes jouer à une sorte de jeu de quilles. Comme boules
et quilles, celles-ci sont remplacées par des fruits durs de couleur
brun foncé; un genre de marrons. Ils sont deux fois plus grands,
ovales et plats. Cinq ou six de ses fruits sont déposés sur leur
tranche, en ligne sur le sol de fin gravier. Depuis une distance de
4-5 mètres, la joueuse de quilles thaïes lance un de ses fruits de
la même taille sur les autres qui sont debout. Le principe de ce jeu
est le identique à celui des quilles, faire tomber un maximum de
fruits. La plus grande place du hameau
est décorée avec des fanions festifs avec une perche au centre,
muni d'un plateau sur lequel est placé un panier, à une hauteur de
2 mètres. Le guide m'explique que la communauté vient de vivre une
fête religieuse en offrant en sacrifices des tête de cochons gris
(ils sont tous de cette couleur en Thaïlande). C'est peu ragoûtant.
Il y a des enfants qui s'approchent tout de suite du guide car il
distribue des bonbons. Autour de nous, j'ai rarement vu autant de
chiens. De lui-même, le guide me dit que cette communauté ethnique
mange leurs chiens !!! Je suis écœuré... Finalement, ne
suis-je pas venu découvrir un peu de cette réalité que nous avons
tendance à oublier ou à interpréter différemment en occident, moi
le premier ? Ce village est pauvre et sale, partout il y a des
déchets, surtout des emballages plastifiés. Je suis content de
quitter le village. Les chiens aboient et n'ont pas apprécié notre
présence. Notre dernier contact avec ce hameau, est la truie apeurée
suivie de cinq ou six cochonnets que nous croisons sur le sentier
principal. Nous rejoignons le « MAE KOK RIVER » qui
s'écoule en silence et qui serpente. C'est cette rivière
qu'empruntera demain le « LONG TRAIL SPEED BOOT », lorsque je
me rendrai à CHIANG RAI. De l'autre côté de la rive, un des plus
important village de « LAHU » de la région. On entend de
la musique et des paroles. La fête religieuse dure une semaine.
PAOAROON » m'explique que le bouddhisme est la principale
religion, puis viennent le christianisme et la communauté musulmane.
Le nord de la Thaïlande est plus occupé par des chrétien. Alors
qu'au sud, les musulmans y sont plus nombreux (l'Malaisie n'est pas
loin). Nous arrivons en avance et nous avons le temps de nous arrêter
à la petite buvette du village où le « Pick-up » du
guide est stationné. En remontant le village comptant 200 âmes, je
suis attiré par un écriteau : « LAHU BAPTIST CHURCH »
devant un bâtiment. Les missionnaires chrétiens sont aussi venus
jusque dans le nord pour prêcher la bonne Parole. Quant au village
voisin, un peu plus grand, il y a une accueillante petite église sur
son sol, malgré que la porte d'accès est verrouillé ! Et pour
rester sur le sujet, j'avais vu le jour d'avant l'écriteau d'une
communauté musulmane : « MASJID AL RAHMAN », au
centre de THATON. Il n'y a apparemment pas de conflits entre
religions, cela démontre la grande tolérance intereligieuse du
peuple thaïlandais. Pour terminer la journée, nous nous rendons
auprès d'un village qui abrite une tribu « LONG
NEG » (longs cous). Il s'agirait d'ethnies venant de la
Birmanie. Les femmes portent de nombreux anneaux au cou, ce qui
allongent leur cou. Le guide m'explique que ces anneaux sont portés
pour protéger les femmes, travaillant dans les rizières ou champs,
qui sont attaquées par des tigres. Quand ils agressent leur proie et
s'en prennent généralement à leur cou. Le village est très
touristique avec, sur le chemin le traversant, que des stands de
souvenirs composés de produits artisanaux de part et d'autres. Une
partie des écharpes proposées sont de l'artisanat local mais aussi
d'ailleurs (j'entends cette remarque d'un guide avec son client).
J'achète une écharpe locale qui me sera utile en randonnée. Le
prix est tellement dérisoire, respectivement mon achat soutiendra
l'économie locale. D'un autre côté, je suis le premier à en
profite en tant que tourste. Pour le mot de la fin - au péril de me
répéter - THATON, modeste village à la frontière birmane, vaut le
détour pour son charme asiatique et ses villages voisins ainsi que
par ce microcosme multiculturel et religieux. Je suis étonné ne
rien trouver de précis dans mon guide de voyage...
Les
photographies suivront...
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