vendredi 20 janvier 2012

+9 jours : Le repas des poissons...

Dimanche 15 janvier 2012
...les Thaïs sont très arrangeants. Comme je pars en trek, le Guesthouse Tri Gong, où je suis descendu est d'accord de reporter ma deuxième nuit réservée, du moment que le trek durera trois jours, ainsi que de garder mon bagage. Au matin du 15 crt, comme prévu le truck (le véhicule de l'agence trek) vient « pick up the PERFECT TOURIST in my guest house ». Le véhicule est déjà rempli par sept autres « PERFECT TOURIST » ; Français (des Issambres dans le golfe de Saint Tropez où nous avons déjà passé des vacances), Espagnols (Ibiza et Barcelone). J'ai la chance de pouvoir m'asseoir dans la cabine du chauffeur où l'air pollué du trafic est filtré et climatisé. Arrêt au marché où notre guide, qui sera aussi notre cuisinier, fait les achats pour les repas. « NOP » qui parle bien anglais est un type décidé et jovial. D'emblée, il inspire confiance ; important car nous dépendrons de lui trois jours. Après avoir quitté l'agglomération, nous traversons la campagne. Peu avant les montagnes qui se dessinent devant nous, des rizières un peu partout. Quel beau paysage sous un soleil et un ciel bleu. Des bananiers s'ajoutent à l'exotisme de la région. Au passage d'un village, une enseigne de restaurant « SWISS TICINO », aux couleurs du canton, dépeint dans le décor ; BUONGIORNO AMICO TICINECE ! Premier arrêt « PERFECT TOURIST » au bord d'une route longeant une rivière. Des éléphants nous attendent comme les chevaux au bord des routes de Camargue. Nous montons sur leur dos avec un cornet de bananes à la main. Est-ce pour faire avancer notre « Babar » sous le slogan : « Avec des bananes ça va pas mieux mais plus longtemps » (slogan d'Ovomaltine). Première impression, ça bouge un peu plus que sur un chameau avec un mouvement avant-arrière. Il fait quelques pas et déjà il tend le bout de sa trompe humide. Il doit avoir senti et compris que les bananes sont pour lui. J'ai même le sentiment qu'il en fait une fixation ! Et pour nous rendre attentifs à son besoin pressant, il nous souffle contre comme un cor des Alpes mais sans le son... Le cornac le fait avancer un peu. Après un tour dans la verdure, il se poursuit dans la rivière. J'espère qu'il aura pas la bonne idée de nous asperger de sa trompe. Insensible au courant, il avance au même rythme. Pour une première expérience, j'ai passé un tout bon moment. C'est l'heure du repas. Un restaurant nous accueille et le personnel sert un bon plat de riz aux légumes. Idéal avant de se mettre en route. Dès les premiers pas, oui, on se croirait chez nous en randonnée traversant la campagne, sauf que les champs sont remplacés par des rizières et lorsque nous approchons de la forêt, des bambous d'une hauteur impressionnante et une sorte de hêtre ont fait place aux sapins. NOP n'est pas avare de commentaires et nous présente cette végétation luxuriante ; le « lemongrass », (l'herbe citronnée des plats thaïs). Ce sont de longues herbes effilés partant du sol également très utile contre les moustiques, respectivement à se frotter à même la peau. Je le fais sur ma casquette, bien plus pour l'odeur fraîche que ça dégage. Puis, chacun est muni d'une tige de bambou coupé le long du sentier. J'aurais eu l'air ridicule avec mes bâtons de rando ! Nous sommes au pied de la montagne et tout ce qui est cultivé est en terrasse. Nous longeons des bisses « vaTHAÏsans ». On se croirait dans les hauteurs de Haute-Nendaz connus pour ses nombreux bisses. Les cultures de riz ou de tofu sont donc irrigués de cette façon dans la région, profitant des nombreux cours d'eau. Nous poursuivons sur un sentier le long d'un ruisseau qui nous mène à une magnifique chute d'eau où nous nous baignons. C'est un peu le rêve, se doucher à une chute après une marche sous une chaleur qui reste supportable (pour moi...). Je reste dans l'eau face au soleil. Et là, le petit moment d'épouvante : je suis chatouillé aux pieds par je ne sais trop quoi ?! Je devine à travers l'eau trouble des petits poissons. En fait, ses bestioles mangent les peaux mortes des pieds. Heureusement, j'avais vu à Bangkok des bassins remplis de petits poissons où les gens trempent leurs pieds à l'intérieur. Ils payent un forfait pour 30 minutes ou 1 heure. Me voilà rassuré ! Nous repartons et mon regard se portent de plus en plus sur les quelques maisons sur pilotis occupés par des fermiers. Le toit est recouvert d'énormes feuilles grandeur A4/A3. Elles proviennent des arbres que j'avais passés le long de notre chemin. Autre chose d'intérêt, ce sont les panneaux de recensement des habitants à l'entrée d'un village. Pas de bureau communal, mais une façon toute simple de gérer le contrôle des habitants ! Nous arrivons dans un fort joli village en flanc de coteau. C'est à cet endroit que nous passerons la nuit, parmi les villageois accueillants, avec tout autour de nous des chiens, des cochons (gris-noir), des coqs et des poules en liberté. La hutte de bois (beaucoup de bambous) sur pilotis qui fera office de dortoir est accessible par un petit escalier central. A l'intérieur des matelas fins de paille à même le sol avec des moustiquaires au-dessus. Il faut ôter les chaussures avant d'entrée (comme dans certains commerces en ville ou même dans des Guesthouse ! Question d'hygiène, les Thaïs sont très regardants. Juste à côté, une minuscule hutte sert de toilettes et de douche. Pas de chasse d'eau, mais une énorme cuvette d'eau dans un coin, avec un gros bol à verser dans le trou des WC ; rudimentaire. Pour le détail, l'évacuation se fait via la rivière. A ma demande, NOP m'a invité dans sa cuisine, sise dans une hutte attenante. Son foyer est à l'intérieur ! Je découvre la préparation de la cuisine thaïe. Ce n'est pas la cuisson qui prend du temps, c'est surtout la préparation des légumes. Un vrai chef de cuisine ce NOP ! Il manie son wok et les différentes étapes de cuisson à la perfection. Mesdames, voire Messieurs : il utilise une seule casserole pour tout ! Le groupe a faim et les plats parfumés et épicés servis, disparaissent en une deux. Des femmes du village viennent vendre de petits bijoux confectionnés. Il est temps de s'assoir autour d'un feu. Les chiens se sont rapprochés pour se coucher entre nous et le feu. NOP nous joue par des petites interprétations humoristiques quelques morceaux de guitare en thaï et en anglais. Les moments autour d'un feu sont toujours extraordinaires sous un ciel étoilé. Un villageois partage cette soirée avec nous et fume du tabac enroulé d'une feuille de bananes. Il est temps ; extinction des lampes de poche...
Les photographies suivront...

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